« Ils croient m’intimider, mais je vais continuer »
Sophie, seize ans, élève au lycée Georges-Clemenceau à Montpellier (Hérault). Nous sommes cinq lycéens à avoir fait l’objet d’un rappel à la loi, mercredi dernier, pour avoir distribué des tracts lors du mouvement contre la réforme des retraites. Le 9 novembre, nous avions été arrêtés et placés en garde à vue pour «entrave à la circulation». Ils pensent nous intimider, c’est clair, mais on va continuer. En ce qui me concerne, ça m’en donne encore plus envie parce que, au-delà du sentiment d’injustice, la solidarité s’est exprimée. Deux cents personnes se sont rassemblées cette semaine pour nous soutenir. Ça nous fait du bien, et je les remercie car on nous a mis la pression. Deux d’entre nous ont toujours une épée de Damoclès au-dessus de la tête. Ils ont signé le rappel à la loi, ce qui veut dire, en clair, que, pendant trois ans, au moindre problème, les sanctions seront aggravées. Personnellement, j’ai refusé de signer. Il aurait fallu que j’accepte l’idée de ne plus participer aux manifestations pendant trois ans, il n’en est pas question même si le procureur a laissé planer le doute pour nous : il a indiqué que les poursuites judiciaires continuaient, mais qu’il pourrait tout aussi bien classer l’affaire sans suite. Je ne me laisserai pas intimider.
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