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Article paru le 26 mars 2010 dans l'Humanité

Culture

 

Christophe Maé : « J’ai démarré en faisant la manche  ! »

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Christophe Maé, porté par 
un public de teenagers dingues de lui, revient avec On trace la route. Un album festif, entre variété 
et world.

Christophe Maé trace sa route sur la lancée de son nouvel album, entre « le feeling et l’instinct ». Rencontre avec un chanteur sincère sur scène, comme dans la vie.


Vous vous êtes produit dans des bars à vos débuts. Quels souvenirs gardez-vous de cette expérience ?


Christophe Maé. J’ai fait beaucoup de saisons en Corse, sur des plages à Calvi. Cela a duré dix ans. J’ai démarré en faisant la manche aux terrasses. Je chantais des reprises d’artistes que j’écoutais à l’époque.


Quels étaient vos modèles ?


Christophe Maé. Stevie Wonder, ma grande révélation artistique à l’âge de quatorze-quinze ans. Mais, il y avait aussi Bob Marley, Tracy Chapman, Ben Harper, des ambiances assez roots. Avoir chanté ces artistes-là tous les soirs pendant des années m’a permis de construire mon univers en piochant dans ces influences. Bob Marley, les Caraïbes, Youssou N’Dour, l’Afrique, c’est ce mélange qui est musique aujourd’hui, une musique ensoleillée, festive.


Entre variété et world, 
votre univers est très festif. D’ou vient votre énergie ?


Christophe Maé. Je me sens habité par la musique, tout simplement. Une musique, c’est vrai, très instinctive. Quand Youssou N’Dour chante, même si je ne comprends pas le wolof, c’est une musique qui m’émeut. C’est un cri du cœur. J’ai toujours été hypersensible à ces sonorités-là.


Vos chansons invitent 
au voyage. êtes-vous 
vous-même voyageur ?


Christophe Maé. Je suis allé en Afrique, au Sénégal, sur l’île de Gorée. J’ai plus voyagé à travers la musique dans ma chambre, mais j’adore l’idée de partir. Plus jeune, j’ai eu l’opportunité de jouer tous les soirs sur le pont arrière d’un bateau de croisière dans les Caraïbes. Pendant un mois, je jouais des reprises de Bob Marley. Je ne gagnais presque rien, mais ça m’a enrichi d’être au contact des gens et de découvrir plein de choses. J’en garde un excellent souvenir et ça m’a donné envie de voyager.


À quel âge avez-pris conscience de la particularité de votre voix et ses tonalités afro-reggae ?


Christophe Maé. C’était lors de soirées avec des copains où je prenais une guitare, je chantais. Je voyais dans le regard de mes potes que ça le faisait. Ils m’ont mis en confiance. Cela m’a incité à prendre la route pour Saint-Tropez. Je pensais me faire remarquer par quelques producteurs, mais ça ne s’est pas passé ainsi, et ça m’a permis d’être au contact des gens, juste avec ma guitare et un percussionniste qui m’accompagnait.


Tout est allé très vite pour vous depuis le succès de votre premier album Mon paradis en 2007. Comment vivez-vous cela ?


Christophe Maé. Tout est allé très vite… au bout de dix ans ! C’est souvent ça le parcours des artistes. Il y a la bonne galère qui permet d’apprendre ton métier : jouer dans les bars devant des gens qui ne sont pas là pour t’écouter, il faut aller les chercher à l’énergie. Après il y a eu la comédie musicale le Roi Soleil, une expérience fabuleuse qui m’a révélé au public. Ça a été ma récréation, je faisais le couillon dans un rôle (le frère du roi) qui avait un capital sympathie énorme. Je crois que j’étais moi-même, tout simplement.


Deux cents concerts, 
un million de personnes lors de votre tournée précédente… Quel enseignement tirez-vous de tous ces spectacles ?


Christophe Maé. Qu’il est possible d’être dans une forme de paix quand on voit les spectateurs qui ont la banane et balancent sur une même mélodie. Ma tournée précédente m’a ouvert les yeux là-dessus. C’est juste la joie d’être ensemble. J’ai envie de réunir les gens à travers mes chansons. Je ne suis pas un chanteur engagé, mais le message, c’est acceptons les différences et essayons de prêter un petit peu d’attention aux autres.

Entretien réalsié par Victor Hache

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Tag(s) : #CULTURE
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