POLITIQUE -Les premières analyses de l'outil La Boussole présidentielle 2012, mis au point par le CEVIPOF en partenariat avec «20 Minutes» et «Ouest France», révèle
un fort taux d'indécision à trois semaines de l'élection...
A moins de trois semaines du premier tour, il reste du monde à convaincre. C’est ce qu’il ressort des premières analyses issues de La Boussole présidentielle
2012, un outil mis au point par le CEVIPOF (Centre de recherches politiques de Sciences Po) en partenariat avec 20 Minutes,
Ouest France et 2012etvous.fr et déjà visité par plus de 250.000 personnes. Ainsi, parmi les 120.000 questionnaires remplis, 46% des utilisateurs indiquent qu’ils n’ont pas encore choisi
le candidat pour lequel ils allaient voter alors que 44% se sont décidés depuis longtemps et 10% récemment.
Sans surprise, les 18-24 ans sont particulièrement indécis (54%) ainsi que ceux qui se classent «ni à gauche ni à droite» (65%, +19 points) et ceux qui se
classent au centre (60%, +14 points). «A trois semaines de l’élection, il est particulièrement intéressant de remarquer que plus de la moitié des jeunes, dont des primo-votants à la
présidentielle, ne savent pas encore pour qui ils vont voter. Cela ne veut d’ailleurs pas dire qu’ils n’iront pas voter», résume Pierre Lefébure, maître de conférences à Sciences Po Bordeaux.
L’aspect paradoxal est en effet que les indécis sont ainsi presque aussi nombreux (75%) que ceux qui se sont depuis longtemps (85%) à indiquer leur intention de participer au scrutin en utilisant
la note maximale (c’est-à-dire la note de 10 sur une échelle de 0 à 10). Ils ne rejettent donc pas la politique dans son ensemble.
Indécis jusqu'au bout?
Mais alors pourquoi ne savent-ils pas encore pour qui voter alors que presque tous les programmes sont connus? A la fois parce qu’ils ne se sentent pas assez
experts, qu’ils croient peu en la politique et qu’ils ne se sont pas encore vraiment informés. 35% des indécis sont d’accord avec l’idée selon laquelle «la politique est trop compliquée et il
faut être un spécialiste pour la comprendre», contre 28% (différence de 7 points) chez ceux qui se sont déjà décidés et 83% des indécis pensent que les hommes politiques se préoccupent «peu» ou
«pas du tout» de ce que pensent les gens comme eux (contre 77%). Enfin, ce sont ceux qui sont les moins décidés qui suivent le moins régulièrement la campagne électorale. «A priori, ce sont
pourtant eux qui auraient le plus besoin de s’intéresser aux propositions pour faire leur choix, explique Pierre Lefébure qui y voit une caractéristique de l’époque. Dans les années 70-80, les
sondages post-électoraux montraient que seulement 7 à 8% des électeurs s’étaient décidés seulement dans l’isoloir. En 1995, 2002 et 2007, alors que les contextes politiques étaient à chaque fois
différents, ce taux est monté à 20-22%.» La campagne durera donc bien jusqu’au bout.
Matthieu Goar
http://www.20minutes.fr/presidentielle/910443-boussole-presidentielle-enigme-indecis-election
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