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Brignoles : une inauguration digne en l’honneur des Gueules Rouges

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La rue des Gueules Rouges a été inaugurée, samedi dernier, à proximité de la Place Clémenceau et de la sécurité minière.


Article paru dans La Marseillaise du mardi 15 décembre 2009

Claude Gilardo, dans son intervention a rappelé que  « nos mineurs méritaient bien le nom d’une rue. Pendant des décennies, des milliers de mineurs ont travaillé dur au fond des mines. Certains y ont laissé la vie, d’autres ont été blessés dans leur chair n’ont pas eu le plaisir de vivre une longue retraite.
Grâce à la mine, grâce à nos mineurs, notre ville, notre région ont connu une période faste. Cette période pourtant n’est pas arrivée toute seule ; elle n’est pas tombée du ciel. Il en a fallu des luttes, il en a fallu du courage car les directions,  étaient pas tendres avec les mineurs ; de nombreuses grèves, parfois très longues, très dures ont permis d’obtenir des avancées sociales  importantes, mais combien de sacrifices ? »

 

Pour décrire l’atmosphère qu’ont connu les mineurs et notamment celle de la période de la guerre Claude Gilardo a lu un extrait de tract trouvé le 21 mars 1942 à la mine de Recoux : « Mineurs, il ne suffit pas de se plaindre parce qu’on travaille trop et qu’on a rien à manger. Il faut agir pour défendre nos vies. Comment ? Exigeons une ration supplémentaire de pain, de viande, de légumes secs pour nous. Des rations supplémentaires et du lait pour les enfants. Tous unis, protestons auprès de la direction pour que satisfaction nous soit donnée. Unissons nous dans le syndicat pour la défense de nos droits. Envoyons nos femmes aux mairies. Nous en avons assez de travailler pour les boches et de ne pas manger ».

Ce tract résume ce que les mineurs ont enduré avant d’arriver à la période de la sécurité minière et aux acquis sociaux qu’ils ont arrachés aux exploitants.

Et le maire de conclure : « Ce qui prouve une nouvelle fois que l’union de ceux qui travaillent et qui souffrent, à terme ou à long terme, finie par payer. C’est ce que les mineurs ont prouvé et qui devrait servir d’exemple aujourd’hui encore, car s’ils ont fait tomber une Bastille, il en reste encore des milliers. Bientôt il y aura la statue du mineur à la gare des cars et le musée des Gueules Rouges à Tourves, réalisés par la Communauté des Communes. Amis mineurs, nous vous devions bien ça » ! 

 

César Baroni a remercié cette décision sans oublier de faire part de sa préférence pour qu'une place ou une avenue soit plutôt choisie qu'une rue. Après le musée à Tourves et la statue à la gare des cars dont les inaugurations sont prévues  en 2010. C’est une reconnaissance pour les mineurs et leurs familles.

 

L.C

 

Petit rappel historique

Après 1918, l'industrie varoise se recompose autour des 2 pôles de l'Union et Bauxites de France. Les mineurs travaillent durement, constamment menacés par les infiltrations d'eau et sans aucune protection sociale. Une solidarité se forge au fond du puits entre ces "Gueules Rouges", françaises et italiennes. Elle s'exprime pendant les grandes grèves de 1936 qui aboutissent à une première convention collective : les droits des mineurs de la bauxite sont enfin reconnus et les conquêtes multiples...

Pendant la Deuxième Guerre Mondiale, les ouvriers résistent à leur manière à la pression de l'occupant, malgré l'arrivée massive de prisonniers. La bauxite renoue avec la croissance dans l'immédiat après-guerre. L'A.F.C., compagnie des produits chimiques et électrométallurgiques Allais, Froges et Camargue (qui deviendra Péchiney) contrôle la production varoise. La mécanisation s'accentue, les rendements augmentent et les effectifs diminuent.

Dès 1973, Péchiney prévoit l'arrêt progressif de l'extraction. La dernière mine ferme en 1991.


 

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Tag(s) : #BRIGNOLES
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