Brignoles. Affluence lundi soir au Hall des Expositions pour la grande conférence territoriale à l’appel de Claude Gilardo (PCF) et Josette Pons (UMP)
Plus de 600 personnes pour sauver l’hôpital
Article paru dans La Marseillaise du mercredi 6 juillet 2011
La mobilisation pour sauver l'hôpital de Brignoles n’a pas faibli et les exigences pour une véritable politique du service public de santé dans toute la France et pas seulement localement s’est fait entendre. Plus de 600 personnes ont en effet participé lundi soir, au Hall des expositions, à la grande conférence territoriale à l’appel de Claude Gilardo (PCF) maire de Brignoles et Josette Pons (UMP), députée.
Devant l’entrée, une quinzaine de militants communistes ont distribué des tracts « La santé et la protection sociale malades du capitalisme ! » et ont fait signer une pétition pour demander l’arrêt de tous les fermetures d’hôpitaux et le développement du service public de santé.
Dans son intervention, Claude Gilardo a rappelé pourquoi il avait décidé, avec la députée Josette Pons de convoquer cette grande conférence territoriale sur l’hôpital de Brignoles : « Faire le point avec vous, citoyens, élus, médecins libéraux et hospitaliers ainsi que l’ensemble du personnel médical du territoire. La qualité des soins dispensés en urgence, en chirurgie et en maternité nous invite à aborder la question de la pérennité de notre hôpital intercommunale de façon rassembleuse. C’est une réelle satisfaction que de voir cette mobilisation sans précédent. Qu’elle soit politique, médicale ou citoyenne ».
« Des mots qui révoltent »
Force est constater que la forte mobilisation est due en grande partie au fait que, depuis plusieurs années les syndicats, les partis politiques de gauche dénoncent le démantèlement des services publics de santé, appellent à abroger la loi Bachelot et font des propositions alternatives. L’actuel plan de « restructuration hospitalière » prévoit 20 000 suppressions de postes. Aux 1035 hôpitaux publics existant actuellement au niveau national se substitueraient 300 territoires de santé. La maternité de La Seyne, l’Hôpital d’Hyères, l’hôpital de Brignoles sont confrontés aux mêmes choix politiques du gouvernement contenus dans la loi Bachelot.
Claude Gilardo a informé les participants que « M. Deroubaix, directeur de l’ARS a répondu à notre courrier commun par ces mots qui (le) révoltent » : «Il convient que soit clairement mis en évidence une prise de conscience collective de la situation, par l’ensemble de la communauté hospitalière locale. Cette prise de conscience repose sur un triple engagement. Un des engagements porte sur la nécessité d’un plan d’économie significatif, qui permette le redressement durable d’une situation dont le déséquilibre mettre tôt ou tard en cause le périmètre actuel des activités de l’établissement ».
Le maire de Brignoles n’a pas manqué de dénoncer la politique du gouvernement : « La santé n’est pas une marchandise et il est hors de question de supprimer des activités. Depuis quand devrions nous arrêter de soigner parce que ce n’est pas rentable ? N’est-il pas absurde de vouloir gagner de l’argent en soignant des patients ? Je refuse de lier l’offre de soins sur un territoire à sa rentabilité. Ce serait un retour en arrière sans précédent et le début d’une santé à la carte pour les plus privilégiés. »
Une réponse de l’ARS « décevante »
Plusieurs médecins, élus, personnels, citoyens, syndicalistes, militants politiques ont pris la parole que ce soit à la tribune ou dans la salle. Chacun avec ces mots et sa conception de la société ont dénoncés la remise en cause de l’Hôpital Intercommunal de Brignoles. Josette Pons, députée UMP, a du reconnaître plusieurs fois qu’elle avait voté la loi Bachelot. Elle a constaté que « la réponse de l’ARS est très décevante » et a demandé un rendez-vous au Ministère. Elle est prête à se battre mais seulement pour l’hôpital de Brignoles.
C’est justement pour cela qu’une partie de l’assistance lui a fait des broncas à chacune de ses interventions. C’est difficile de croire qu’elle s’active sincèrement pour la défense de l’hôpital de Brignoles quand elle a voté toutes les lois à l’Assemblée nationale qui remettent en cause le système social solidaire de santé et de protection sociale.
Alain Bolla, conseiller régional (PCF – Front de Gauche) a rappelé les responsabilités du gouvernement de droite avec une politique de casse du service public et pas seulement dans la santé. « Aujourd’hui ce sont les patients qui au final risquent de ne plus avoir sur leur territoire le service public de santé auquel ils ont droit. La convergence des rassemblements des différents sites hospitaliers sur notre département est indispensable pour construire un véritable front pour une politique de santé publique répondant aux besoins des populations » a-t-il déclaré.
Les interventions dans la salle ont parfois été vives mais respectueuses. C’est logique. Difficile de trouver un consensus entre ceux qui mettent l’humain au centre de la politique et ceux qui veulent marchandiser et rentabiliser toutes les activités humaines.
L.C
Les conséquences de la loi Bachelot
C’est la loi Bachelot qui a institué une nouvelle phase de la remise en cause de l’hôpital public par le partenariat public-privé, la fermeture de lits et d’établissements, la centralisation des pouvoirs sur l’Agence Régionale de santé. Elles sont dirigées par un directeur général nommé par décret en Conseil des ministres et doivent gérer un budget indépassable dans un Objectif Régional des Dépenses de l’Assurance Maladie concernant les dépenses de toutes les activités de santé d’une région (hospitalières, ambulatoires, et médico-sociales).
Les soins aux patients vont être confiés indifféremment aux hôpitaux publics, aux cliniques et aux hôpitaux privés participant au service public sur la base de contrats d’objectifs et de moyens fixant des objectifs quantifiés d’activité de soins. Une communauté hospitalière de territoire, un regroupement de plusieurs hôpitaux publics et/ou cliniques privées, peuvent être imposé par le directeur de l’ARS. Ce sont les patients qui au final risquent de ne plus avoir sur leur territoire le service public de santé auquel ils ont droit.
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