Article paru dans Var Matin du jeudi 11 mars 2010
Politique du siège vide au conseil d'administration, grève des cours, ils protestent contre l'insuffisance de la dotation globale d'enseignement.
Calmes, déterminés et responsables. C'est l'image que souhaitent donner les professeurs du collège Paul-Cézanne en dénonçant l'insuffisance de la dotation globale accordée par le rectorat à la rentrée prochaine.
Par deux fois déjà, ils ont manifesté leur désaccord en ne siégeant pas au conseil d'administration et en refusant d'assurer les cours durant les matinées des 2 et 5 septembre. « Mais nous avons gardé les élèves dans la cour en toute sécurité », précise Johan Ducournau, professeur d'histoire et géographie et délégué du personnel.
Selon lui, les instances de décision font fausse route en se basant sur une diminution de l'effectif dans ces tranches d'âge. « Les évaluations statistiques seront démenties par les faits », explique-t-il avec assurance.
Le privé, entre souhait et réalité
Il avance deux arguments : « Au printemps, les parents d'élèves du primaire sont invités à formuler leur souhait. Beaucoup souhaiteraient inscrire leur(s) enfant(s) dans le privé mais on sait qu'il ne pourra y avoir autant d'élus que de candidats. En fait, renseignements pris, il n'y aura l'an prochain que deux classes de sixième à Jeanne d'Arc. Comme cette année. Le rectorat se base sur une pseudo-érosion pour justifier un prévisionnel à la baisse. Or, la réalité de septembre est souvent très éloignée du prévisionnel de juin ».
Selon Johan Ducournau, les établissements enregistrent, en outre, en cours d'année, une somme de départs et d'arrivées ; des mouvements liés le plus souvent à des déménagements professionnels du père ou de la mère de famille. « Mais ceux qui intègrent l'établissement sont chaque année plus nombreux que les partants ».
Conséquences qualitatives
« Les associations de parents sont avec nous mais nous souhaiterions convaincre tous ceux qui ont des enfants scolarisés à Paul-Cézanne de se mobiliser. Il en va de la qualité de l'enseignement », martèle le professeur.
Selon lui, la nouvelle dotation, si elle était confirmée, engendrerait au minimum la suppression d'un poste d'enseignant. Et d'autres seraient préservés au prix d'une diminution des temps d'enseignement. « Ce sera le cas en histoire géographie, mais aussi en maths et en français », se désole notre interlocuteur. D'une manière générale, il estime que c'est l'école publique que l'on casse.
Comment remplir sa mission avec du temps en moins et des missions supplémentaires à remplir ?
Et Johan Ducournau de citer l'enseignement nouveau et obligatoire de l'histoire des arts. « Pourquoi pas ? Mais à condition de mettre en oeuvre de moyens adaptés ». Ou encore le suivi informatique du travail des élèves, demandé aux profs principaux.
Pour résumer sa pensée, il a cette formule : « Davantage de travail et d'élèves, moins de moyens et de qualité ». Les enjeux sont posés et, désormais, les enseignants de Cézanne vont s'efforcer de communiquer sur le fond. « Au-delà de vingt-cinq élèves par classe, nous n'hésiterions pas à recourir à des actions plus dures si nous n'avons pas de réponse d'ici le mois de juin. En septembre également si l'on se trouvait devant le fait accompli. Le rectorat et l'État s'efforcent de noyer le poisson mais nous leur montrerons que nous ne sommes pas prêts à évoluer en eau trouble ».
J.-j. O.
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