Brignoles. « Les grands travaux débuteront cette année »
Après une courte semaine en Bretagne, Claude Gilardo est revenu en pleine forme pour prendre cette année 2011 à bras-le-corps. Ces douze mois lui permettront de concrétiser les nombreux dossiers traités depuis son arrivée aux affaires municipales. Mais, aussi, dans le but de défendre des institutions telles que le centre hospitalier Jean-Marcel ou le tribunal d'instance. « Pour que Brignoles reste la capitale du centre Var et offre aux administrés les services publics qu'ils attendent ».
Claude Gilardo, vous êtes pratiquement à mi-mandat. Est-ce que les Brignolais verront leur ville enfin évoluer lors des trois prochaines années ?
C'est en effet une année très importante pour les Brignolais. Dès le 18 janvier, nous inaugurerons l'école Marie-Curie et, dans les semaines qui suivront, s'enchaîneront les travaux pour le stade du Vabre, l'école des Censiés, la mise en place du haut-débit pour ce même quartier mais aussi les zones de La Celle et Tourves. En centre-ville, le premier coup de pioche sera donné dans la rue Lice de Signon qui sera enfin une véritable artère où les personnes à mobilité réduite pourront circuler aisément. Sans oublier la première tranche des travaux de réfection de la cité du Carami, programmés avec Var Habitat.
Mais le projet du cours Liberté que les Brignolais attendent avec impatience ne sera toujours pas d'actualité ?
C'est faux. Je pense que nous devrions être en mesure de présenter notre volonté aux Brignolais d'ici la fin du premier semestre. Vous savez que ce pôle est concomitant du Plan local d'urbanisme et, après plusieurs réunions de concertation, nous ne sommes pas loin de la finalité.
Ce sera une opération entièrement municipale ?
Je ne peux rien vous dévoiler mais il semble que l'on s'oriente vers une opération de type public-privé afin d'offrir une multiplicité de services.
Et le Plan local d'urbanisme dans tout cela ?
Nous tenons les délais. Il sera terminé d'ici la fin de l'année 2012.
Si tardivement ?
Ce n'est tout de même pas notre faute si nous l'avons trouvé en stand-by en 2008 avec les dossiers dans les cartons.
Avec le recul, est-ce que vous pensez avoir commis une erreur avec la piétonnisation du centre-ville ?
Lorsque nous l'avons décidée, nous l'avons proposée comme un essai. Nous avons su nous adapter en fonction des requêtes formulées. On a pris acte des manquements et les dispositions actuelles semblent convenir.
Cette mesure a-t-elle été suffisamment anticipée ?
Peut-être pas. Mais la piétonnisation est appelée à mûrir avec la réflexion et celle-ci devra être collective. Il faudra prendre en compte la création de parkings, l'aménagement des voies et la prise de fonction de la personne en charge du commerce.
Avec votre opposition, les débats concernent souvent le social. Vous y êtes très attaché, comment vivez-vous cette situation de conflit ?
Mal, car tout ce que nous réalisons dans ce domaine ne s'affiche pas aux yeux de tous. Mais je peux vous assurer que cela mobilise beaucoup de personnes. À ce titre, je trouve que mon opposition fait preuve d'incohérence. Comment peut-on souhaiter que des entreprises s'implantent à Brignoles, créent des emplois sans que nous offrions des logements pour ces couples, ces familles qui n'ont que le SMIC pour vivre ?
À propos du rayonnement de Brignoles, deux dossiers vous tiennent particulièrement à coeur : le tribunal d'instance et l'hôpital. Où en êtes-vous ?
Sur ces deux points je suis ferme, je ne perdrai ni le tribunal d'instance, ni le centre hospitalier. Je me suis battu par le passé, nous luttons encore au quotidien et je suis loin d'être épuisé.
Qu'en est-il du tribunal ?
Un jour, les autorités judiciaires m'ont dit " si dans trois ans vous n'avez pas réglé le problème, nous partirons ". De ce jour, nous avons tout mis en oeuvre pour leur proposer un nouveau lieu puisque rester sur place coûte beaucoup trop cher. Nous y sommes parvenus avec l'ancien théâtre du quartier de Paris. L'ensemble des partenaires travaille sur le dossier. Les autorités judiciaires semblent enchantées. Il reste quelques problèmes à régler, nous devrions y parvenir d'ici la fin du mois.
Est-ce que des éléments nouveaux sont apparus en fin d'année concernant l'hôpital intercommunal.
Non, nous attendons maintenant de connaître les propositions de l'Agence régionale de santé. Mais que les décideurs sachent que nous serons de formidables combattants et que nous mettrons tout en oeuvre pour que les populations du centre Var puissent être soignées près de leur domicile.
D'autant que les maires des alentours sont à vos côtés.
Il y a effectivement un bel élan de solidarité. Je pense que si nous décidons de descendre dans la rue comme en 1993, nous serons nombreux.
Vous qui êtes désormais un des plus anciens élus varois, pensiez-vous que diriger une commune au troisième millénaire serait aussi difficile ?
C'est en effet de plus en plus difficile et je souhaite que les plus jeunes ne se découragent pas tant les contraintes sont nombreuses. Le rôle d'élu municipal est vraiment spécifique et demande un réel engouement. Je sais que dans mon équipe, certains sont à 100 % d'investissement et de leur temps, d'autres à 100 % pour le premier critère et 80 % de leur temps puisqu'ils ont une activité professionnelle. Il faut composer avec cela comme il faut savoir trancher, prendre les décisions pour le bien de la collectivité. Parfois, cela nous vaut de vives discussions, mais c'est aussi cela la démocratie.
Le comté de Provence arrive à maturité
Difficile de rencontrer Claude Gilardo et de ne pas évoquer la communauté de communes Comté de Provence qu'il préside. Une structure « qui commence à respirer toute seule, elle est sortie de la léthargie dans laquelle elle se trouvait ». Les récentes prises de position lui laissent penser que les transferts de compétences « ordures ménagères » et « petite enfance » feront beaucoup de bien. « Là encore, on apprend beaucoup en dirigeant ce type de collectivité ». Et le maire de Brignoles de s'inscrire en faux contre l'omniprésence de la ville la plus importante comme ne cessent de le clamer certains. « Que je sache, le transfert de l'école de musique a profité aux petites communes où sont désormais enseignées les disciplines. Il ne faut pas toujours regarder que l'aspect financier ».
les phrases
À retenir
Vieille ville :
« Dans le centre ancien, l'OPAH poursuivie par l'équipe précédente n'avait aucune dynamique sociale ni commerciale ».
Piétonnisation :
« Dans ces moments-là, j'aurais aimé avoir un syndicat des commerçants assez fort ».
Précarité :
« Évoquer le social aujourd'hui, ce n'est pas uniquement les locaux de l'AVAF. En gagnant le SMIC, vous êtes précaire ».
Délinquance :
« Ce n'est pas moi qui le dit mais les autorités de la gendarmerie : entre 2008 et 2010 la déliquance a baissé de 19% dans Brignoles ».
Tribunal :
« Il y a des dossiers où j'ai du mal à comprendre que l'on se retrouve au tribunal... »
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