Basma Khalfaoui: "La violence est l’expression de l’échec d’Ennahdha"
Humanité Quotidien
25 Mars, 2013
L'invitée de la semaine
militante de gauche, féministe et altermondialiste tunisienne.
[1]Basma Khalfaoui, militante de gauche, féministe
et altermondialiste tunisienne, veuve de l'opposant Chokri Belhaïd assassiné en janvier dernier, est l'invitée de la semaine de l'Humanité, à l'occasion du Forum social mondial qui se
tient toute la semaine à Tunis.
Retrouvez ces interventions chaque jour dans l'Humanité
"Depuis l’ascension au pouvoir des islamistes, lors des élections de l’Assemblée nationale constituante du 23 octobre 2011, ceux-ci considèrent que la
majorité artificielle obtenue alors devait être irréversible, et ce, par tous les moyens. Dès les premiers mois, des campagnes méthodiques d’exclusion ont été menées contre l’opposition
et tout le corps civil constitué par les partis démocratiques, les intellectuels, artistes, journalistes, etc. Dans une première phase, ces campagnes étaient axées sur le dénigrement, la
calomnie et la diffamation. Mais, dès avril 2012, un tournant dangereux est pris : une deuxième phase d’exclusion caractérisée par la violence est lancée, quand le constat d’échec du
parti Ennahdha commence à devenir un constat populaire.
L’usage de la violence comme stratégie organisée contre les partis politiques de l’opposition démocratique et contre toute la société civile et le peuple
tunisien (répressions à Siliana) est l’expression de l’échec généralisé du gouvernement Ennahdha dans la direction du pays. Cette stratégie de violence a débouché sur l’assassinat de
Chokri Belaïd, leader qui œuvrait pour le rassemblement de toutes les forces vives du pays autour des objectifs de dignité et de démocratie, et tenu responsable par Ennahdha de tous les
mouvements sociaux et protestations syndicales. Autre aspect de cette violence : des groupes terroristes, le 4 décembre 2012, attaquent l’esplanade de l’UGTT et blessent des syndicalistes
jusque dans les murs de leur siège, le jour même de la signature du pacte national entre le gouvernement de M. Jbali, l’UGTT (syndicat des travailleurs) et l’Utica (syndicat des
patrons).
Leur message est simple : non au dialogue, non à l’unité nationale, non au retour au processus de transition démocratique dans une ambiance politique et
électorale saine. Mais les Tunisiens, qui ont compris ce message, ont répondu. Ils y ont répondu le 8 février 2013, en venant par centaines de milliers (1,5 million) manifester pour
saluer Chokri Belaïd, et rejeter ce contre-projet réactionnaire et fasciste."
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