Florange entre écœurement et résistance
Humanité Quotidien
7 Décembre, 2012
ArcelorMittal
Florange (Moselle),
envoyées spéciales. Au lendemain de leur rencontre avec le premier ministre à Matignon, les syndicalistes CGT et CFDT de
Florange se préparent à une nouvelle étape de lutte pour sauver l’acier lorrain.
«Ils se sont couchés devant Mittal et l’accord avec ou sans Ulcos est inacceptable puisqu’il signe l’arrêt de la phase liquide en Lorraine. Cette décision ne
correspond en rien à une orientation industrielle digne d’un gouvernement de gauche ! » s’est insurgé Jean Mangin, délégué syndical CGT Florange, de retour de Matignon.
Après le choc de la semaine dernière, les cégétistes, réunis en congrès à Saint-Nicolas-en Forêt, à deux pas des deux hauts-fourneaux, apprenaient que Mittal
venait de retirer Florange du projet Ulcos. « Une claque supplémentaire qui confirme que Mittal n’est pas fiable, mais ce projet, à l’étude depuis sept à huit ans, n’est pas une fin en
soi. De toute façon, si le haut-fourneau s’arrête, il n’y aura jamais de redémarrage ; or, la filière liquide est viable, rentable et utile », a rappelé le syndicaliste, citant le rapport
Faure commandé par le gouvernement.
Manque de courage politique
Dans la salle, le débat s’installait afin de définir une forme d’action capable de mobiliser le plus grand nombre. « Nous avons assisté non pas à une
trahison, mais à un manque de courage politique de la part du gouvernement, a martelé Lionel Burriello, pressenti pour succéder, ce vendredi, à Yves Fabbri à la tête de la CGT
ArcelorMittal Florange. Cependant, nous avons gagné la bataille médiatique, celle de l’opinion publique, il nous faut maintenant passer à la deuxième étape : mobiliser les salariés et la
population pour que l’acier continue de couler en Lorraine. »
Dans le même temps, devant les locaux syndicaux de Florange, Édouard Martin, entouré de ses collègues de la CFDT, larmes aux yeux, s’adressait hier à la
presse : « On est à bout. On n’en peut plus. » L’annonce de Mittal de retirer le projet Ulcos a été vécue comme un « second coup de poignard », le premier ministre étant accusé d’avoir
asséné « le premier coup » en signant l’accord qui balayait toute idée de reprise ou de nationalisation même provisoire. « Notre détermination est aussi forte que notre écœurement, a
néanmoins assuré le syndicaliste, la résistance continue. » Dénonçant un « cynisme » ayant atteint son « paroxysme », Édouard Martin a affiché une extrême fermeté : « On a deux ennemis
identifiés maintenant. Avant, on se battait contre Mittal, on va être obligés de se battre contre Mittal et contre le gouvernement ! » « Y en a pas un qui touchera aux vannes de gaz ! »
a-t-il prévenu, promettant d’occuper les hauts-fourneaux « dès lundi », entre autres actions « surprises », « comme (on a fait) avec Sarkozy ».
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