Air France fait voler en éclats les statuts de ses salariés
Rédaction Web
31 Mars, 2012
En grève contre la dénonciation de leurs accords d’entreprise, les salariés d’Air France se sont mobilisés vendredi à l’appel de la CGT, de la CFDT
et de FO dans toute la France.
« C’est la première fois qu’une direction arrive en disant que non seulement elle va saboter nos acquis sociaux, mais qu’en plus, elle ne peut pas garantir
l’emploi », s’indigne David Ricatte, porte-parole de la CGT Air France. Alors que se tenait vendredi un comité central d’entreprise censé recueillir les avis des représentants des
salariés sur la dénonciation des accords d’entreprise [2], la CGT, la CFDT et FO avaient lancé un appel à la grève national [3] sur l’ensemble des aéroports pour dénoncer le bulldozer patronal contre leurs statuts. D’après la CGT, le
mouvement était bien suivi, notamment sur les aéroports de Bordeaux, Mulhouse, Nice et Toulouse.
2 milliards d'économies sur les salaires
Partie intégrante du plan Transform 2015 destiné à faire deux milliards d’euros d’économies sur la masse salariale sur trois ans, la dénonciation des accords
d’entreprise par la direction n’est qu’un prélude à une deuxième phase de mesures dites de « transformation » - comprendre « restructuration » - censées améliorer la productivité des
salariés, déjà soumis à un gel des salaires et des embauches.
Sans surprise, le projet patronal consistant à revenir sur l’ensemble des accords d’entreprise a recueilli l’opposition de 12 élus sur 15, les trois
représentants de la CFE-CGC s’étant abstenus, d’après la CGT. Une formalité qui ne devrait pas entraver la direction dans la mise en place de son plan d’austérité.
"Les économies doivent être partagées par tous"
Même la CFDT et FO, pourtant signataires fin mars d’un accord « de cadrage et de méthodologie » avec la direction, visant à « améliorer de 20% l’efficacité
économique » de l’entreprise, montrent une certaine inquiétude concernant la politique sociale de la compagnie aérienne. « La situation économique d’Air France est suffisamment grave pour
que les salariés acceptent de faire des sacrifices, surtout si au bout du bout, on arrive à sauver l’emploi.
Mais les économies doivent être partagées par tous et ne pas se faire uniquement sur les coûts sociaux », estime Michel Salomon, secrétaire général adjoint
de la CFDT Air France, qui assure que la signature de l’accord de cadrage avec la direction n’est pas incompatible avec une opposition à la dénonciation des accords d’entreprise.
"Cette négociation est un piège"
D’après la CGT, pourtant, la signature de ces syndicats « permet à la direction de gagner quasiment un an » dans la mise en place de son plan de
restructuration. « Cette négociation est un piège, la direction fait avancer les syndicats signataires sur ses bases et ses objectifs. Nous, on veut qu’elle mette ce plan à la poubelle et
qu’on reparte sur quelque chose qui soit réellement construit avec les organisations syndicales », affirme David Ricatte, qui se dit néanmoins attaché à l’action intersyndicale dans les
mois à venir pour « sauver l’emploi ».
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A voir:
La déclaration de la CGT
Air France [4] de ce vendredi
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A lire:
Tous nos articles consacrés à Air France [5]
Loan Nguyen
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