L'association de surveillance de la qualité de l'air Atmo pour le Nord/Pas-de-Calais a entamé fin mars le premier programme français de mesure des pesticides au domicile des agriculteurs. Ce programme de deux ans "a pour but de connaître les transferts de pesticides de l'extérieur vers le domicile", a précisé ce mardi la responsable de communication Céline Derosiaux. Les résultats seront rendus publics début 2013.
- La méthode
Les mesures sont effectuées chez vingt exploitants volontaires, choisis en proportion de chaque type d'agriculture dans la région (polyculture, grande culture, maraîchage, différents élevages, bio). Elles se déroulent durant les principales périodes d'épandage de produits phytosanitaires : les capteurs sont placés dans les pièces de vie ainsi que dans le local de stockage des produits phytosanitaires et à l'extérieur, pour comparer. Parmi les 31 molécules étudiées, figurent le golpel, fipronil, dieldrine, diazinon, carbaryl, chlordane et lindane.
Selon Céline Derosiaux, "il ne s'agit pas d'une étude santé (..) mais cela pourra éventuellement leur servir de base plus tard", en vue de l'établissement de "méthodes de prévention et de bonnes pratiques".
- Des pesticides partout
Cette étude se rapproche de celle publiée dans la revue des Instituts nationaux de santé américains et qui a été réalisée à partir de l'analyse des moquettes des maisons de Californie : elle a déterminé que les pesticides pouvaient avoir un impact dans un rayon de plus d'un kilomètre autour de leur lieu d'épandage. Une autre étude, récemment publiée par l'Institut de veille sanitaire (InVS) a déterminé que les pesticides pyréthrinoïdes, largement utilisés dans l'agriculture, étaient beaucoup plus présents dans les organismes (sang, urine, cheveux) des Français que des Allemands ou Américains.
Au niveau sanitaire, une étude, "Agrican", est menée par ailleurs depuis 2005 dans douze départements par la Mutualité sociale agricole sur les liens entre les pesticides et les maladies développées par les agriculteurs.
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