Nouvelle action coup de poing pour la réquisition des logements vides
Rédaction Web
8 Avril, 2012
"Pâques au balcon, réquisition!" A quinze jours de la présidentielle, l'association Droit au logement (Dal) et le collectif Jeudi Noir ont interpellé
les candidats, en occupant ce dimanche une clinique désaffectée au pied de la butte Montmartre à Paris.
"Notre but est de placer le logement au coeur de la campagne", explique Manuel Domergue, militant de Jeudi Noir qui aimerait faire de la clinique Duhesme "le
bâtiment emblématique de la fin de campagne". "S'ils ne sont pas poussés aux fesses, ils ne vont pas spontanément parler de logement", regrette-t-il.
A 10H00, alors que les familles se réveillaient d'une courte nuit à l'intérieur de "l'immeuble de la Butte", les forces de l'ordre sont arrivées, bloquant la
rue sur 200 m, faisant craindre une évacuation rapide aux occupants.
A la faveur de la nuit, 25 personnes, dont quatre familles et six enfants, ont donc investi la clinique Duhesme, un immeuble de cinq étages dans le 18e
arrondissement, a constaté une journaliste de l'AFP. Certains sont en logement précaire, d'autres sont des foyers reconnus prioritaires Dalo (Droit au logement opposable). Dimanche matin,
ils occupaient quelques-unes des 25 chambres. "Le logement est salubre, à l'abandon depuis trois ans et il n'y a pas de projet pertinent, il est donc légitime qu'on l'occupe", dit Simon
Cottin-Marx, de Jeudi Noir.
"Un immeuble vide à Paris, une clinique désaffectée, c'est un non-sens", abonde Jean-Baptiste Eyraud. Selon lui, il y a en France trois millions de personnes
"en grande difficulté de logement", alors qu'on recense quelque 2,1 millions de logements vacants.
Pour le Dal et Jeudi Noir, seule une opération coup de poing est susceptible de mobiliser les candidats. Le Dal avait mené une opération semblable lors de la
campagne 2002, restant près de deux semaines avec une centaine de personnes dans une ancienne clinique du XIe arrondissement.
"Il faut mettre la pression et pousser la question des mal-logés qui est traitée uniquement sous l'angle des classes moyennes, alors que sont oubliés les
jeunes, les migrants ou encore les salariés pauvres", argumente le porte-parole du Dal, Jean-Baptiste Eyraud.
"Depuis qu'on a été expulsés de la rue Matignon, le 18 février 2011, on recherchait un endroit", raconte Manuel Domergue. Le collectif avait squatté un
immeuble de bureaux vide proche de l'Elysée. Il avait ensuite tenté deux occupations, boulevard de la Madeleine (2e), puis rue de Chateaudun (9e), mais la police, prévenue très tôt, les
avait immédiatement expulsés.
Cette fois, les militants ont "pris un maximum de précautions", racontent-ils. Pas de mails, de nouvelles puces téléphoniques...
C'est la deuxième occupation pour laquelle coopèrent le Dal et Jeudi Noir. La dernière remonte au 31 décembre 2006, avec le squat d'un immeuble rue de la
Banque (2e). Entre mars 2008 et juin 2009, huit étudiants avaient occupé un immeuble au 69 rue de Sèvres, puis entre octobre 2009 et octobre 2010, Jeudi Noir avait organisé une occupation
dans un hôtel particulier de la place des Vosges.
Interrogé sur Europe 1 et I-Télé à l'occasion du dimanche de Pâques, l'archevêque de Paris André Vingt-Trois a apporté un soutien implicite aux squateurs,
jugeant "dommage que dans une société civilisée comme la nôtre, il soit nécessaire de faire des coups de force pour faire entendre des problèmes réels". Jeudi, les professionnels de
l'immobilier s'étaient déjà insurgés contre le silence des politiques lors d'un colloque intitulé "Le logement: cause nationale" organisé par les huit fédérations du secteur et la
Fondation Abbé Pierre.
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