mercredi 4 août 2010, par Lidice Busot-Mozes / "le Patriote"
Désormais, le 8 et le 15 août prochains les commerces de cette zone seront ouverts au public. Le 1er août, cela était déjà le cas. Pour Salma, jeune vendeuse, cette situation est inquiétante. « Nous avons eu l’information la veille que l’on devait travailler dimanche dernier ». Elle avoue ne pas être informée du salaire ni des conditions de ce changement : « J’imagine que j’aurai les mêmes avantages que quand je travaille les dimanches du mois de décembre mais le responsable du magasin n’a pas su nous confirmer cela encore », dit-elle.
Précédent. La ville de Nice avait déjà engagé en mars dernier une procédure visant à obtenir un arrêté préfectoral portant sur la création d’une zone touristique dont le périmètre englobe la vieille ville, l’avenue Jean Médecin, l’avenue de la République, le Bd Gambetta et l’avenue Malaussena. Pour le conseiller municipal communiste Robert Injey, cette demande cache le désir d’imposer le travail le dimanche, car selon ce dernier, l’article L3132-25 modifié par la loi du 10 août 2009 prévoit que « les établissements de vente au détail situés dans les communes d’intérêt touristique ou thermale et dans les zones touristiques (…) peuvent, de droit, donner le repos hebdomadaire par roulement pour tout ou partie du personnel ».
Pour le conseiller communiste il n’y a pas de doute, « le classement en commune touristique introduit explicitement la possibilité de voir le repos dominical remis en cause ». Pour l’heure, le préfet n’a toujours pas présenté la liste des communes concernées par cette décision de classement en zone touristique. Comme cette décision semble être trop longue, le maire de Nice a décidé de donner un bon coup de pouce avec l’arrêté du 28 juillet dernier.
« Une véritable soumission du politique à la volonté patronale, qui anticipe sur les décisions souveraines du représentant de l’Etat ! », expliquent dans un communiqué de presse les élus communistes Emmanuelle Gaziello et Robert Injey. « Un passage en force qui méprise les salariés de cette ville se retrouvant dans l’obligation –en 3 jours !- de travailler le dimanche », fustigent-ils.
Etrange consultation. L’arrêté fait allusion à une consultation des syndicats. Cependant, dans une lettre adressée à la mairie, le syndicat CGT fait savoir son point de vue, sans équivoque. « Nous ne pouvons que réaffirmer notre opposition à l’ouverture des magasins le dimanche, quelque soit la période », peut-on lire. Le syndicat précise que « consommer n’est ni une activité de loisirs, ni une activité culturelle ». Ils expliquent également que le travail dominical « a un effet déstructurant pour les familles ».
De son côté, le syndicat CFE-CGC, sans prendre clairement position, recommande à la Ville de s’inspirer des dispositions de l’accord syndical conclu au Plan de Campagne à Marseille qui prévoit, entre autres, 2 jours de repos compensateur et une majoration salariale fixée a minima à 100% du SMIC horaire en vigueur. Pour l’instant, les salariés concernés sont dans le flou total et les avis sont partagés. Renée, retraitée depuis un an, espère que l’ouverture les dimanches permettra aux seniors d’avoir plus de chances de travail. Pour Virginie, vendeuse à Nice-Etoile, ceci est « illusoire. Nous recevons souvent des CV de personnes de plus de 45 ans et nous savons pertinemment que le patron les jette directement à la poubelle sans les regarder », avoue-t-elle.
Pour les élus communistes, il n’y a pas de doute « cette mesure du maire de Nice est à l’image de la politique que mène le gouvernement UMP : une politique qui ne connait que l’intérêt des puissances de l’argent ».
Lidice BUSOT
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