À la conquête des biens publics
Dans la salle où près de 200 personnes ont pris place, mercredi soir, à Lyon, on ne veut pas se contenter de « résister à la casse » des services publics. On parle ici de « reconquête et de conquête » de toutes activités d’intérêt général. C’est l’idée qui émane du forum national sur les services publics que le Front de gauche initie dans le cadre de son « programme partagé » pour 2012. Invité à éclairer le débat, Bernard Defaix (Convergence des services publics), se dit « satisfait » que l’alliance du PCF, du Parti de gauche (PG) et de la Gauche unitaire (GU) « reprenne l’offensive » sur cette question et « affirme de manière claire que les services publics figurent au coeur de son projet de société ». Lesquels sont, selon lui, « un pilier à mettre en lien avec les biens communs », comme l’eau, la santé, l’énergie ou encore le savoir, « et avec la propriété publique », qu’il différencie de la propriété étatique.
RENATIONALISER LA POSTE
Mais dans l’assistance, on n’en est pas encore là. Il est davantage question de renationalisations. « Il faut ramener La Poste dans le giron des services publics », souligne un cégétiste. Un autre revient sur « la complicité du PS dans le démantèlement du service public ». « Tout est déjà tombé », lâchet- il, amer, avant de conclure : « Il faut nationaliser tout ce qui a été privatisé depuis vingt ans et plus. » Un jeune propose de dresser « le bilan des privatisations » en associant les salariés des entreprises concernées et les usagers qui en subissent, depuis, les conséquences. Martine Billard (PG) et Pierre Laurent (PCF) insistent, eux, sur l’importance de formuler des propositions très précises. « Nous devons montrer qu’elles sont justes et réalisables », dit la première. « On ne peut échapper à un débat sur la refonte de la fiscalité si on veut prouver que l’argent existe pour financer les services publics », poursuit le second. Il y a dans la salle essentiellement des syndicalistes, des adhérents de partis de gauche et d’extrême gauche. Pour l’heure, le programme du Front de gauche se travaille, dans les faits, avec une population militante, dont « les histoires et les traditions politiques diffèrent », note Marie-Pierre Toubhans, porte-parole de la GU. Mais les responsables de la coalition n’entendent pas en rester à cette saine et précieuse confrontation des idées et des propositions entre initiés de la chose politique. Ils comptent notamment sur les comités locaux du Front de gauche, créés ici et là, pour populariser la démarche.
/image%2F0551212%2F20170620%2Fob_74cedc_bandeau-pcf.jpg)