Développement durable : marketing ou révolution ?
par Jean-Paul LEGRAND
Développement durable (DD) : sous ces deux mots se cachent bien souvent une
escroquerie marketing à la mode. Qu'est-ce qui n'est pas DD aujourd'hui ? Je me souviens de l'allocution d'un Conseiller régional de Picardie Vert qui vantait devant les patrons du MEDEF lors d'un colloque au golf d'Apremont les avantages du DD pour faire des profits !
Parcontre je rappellerai ma proposition d'utiliser de façon rationnelle le pétrole par les pouvoirs publics en étudiant des accords avantageux et directs avec les pays producteurs et leurs collectivités (comme le Venezuela) en échange de technologies nouvelles et d'un prix conventionné qui permettraient par exemple d'utiliser les économies réalisées de la sorte pour équiper notre parc social de logement en ampoules à basse consommation électrique et/ou d'agir sur les tarifs de nos transports
collectifs comme ce fut le cas à Londres.
Ainsi les citoyens sont de plus en plus nombreux à penser que des coopérations même à des niveaux régionaux, voire locaux, dans le domaine énergétique, sont non
seulement possibles mais indispensables afin que l'énergie ne soit plus le monopole de multinationales mais tombe dans le domaine public !
Entre l'utilisation capitaliste du concept de Développement durable et la lutte nécessaire pour que l'énergie soit maîtrisée par les gens et à leur profit, il y a un abîme. J'entends les bailleurs sociaux expliquer qu'ils vont réaliser du Développement durable dans leurs futures opérations de construction comme l'exige le "Grenelle de l'environnement pour aussitôt rajouter "mais je ne vous dis pas la facture !" car évidemment, au passage, il y en a quelques uns qui vont profiter de l'aubaine. C'est que le DD rapporte beaucoup d'argent. Et l'on comprend pourquoi l'écologie est devenue
Le capitalisme est opposé par sa nature au Développement durable de l'homme d'abord et du reste ensuite car il est fondé sur le principe même du gâchis et non de la rationnalisation de la production et de la consommation. En effet dans le capitalisme la nature de la production est anarchique, elle dépend de la solvabilité des consommateurs qui elle même dépend du crédit. Un capitaliste n'apporte ses capitaux qu'en fonction de la rentabilité prévue et effective. Le même qui hier avait placé son capital dans la production de chaussettes, le retire aujourd'hui des usines de
confection pour le placer dans des prêts à haut rendement, et demain peut être dans la production de milliards de médicaments pour combattre le virus de la grippe ou carrément dans des celle d'armes qui peuvent détruire la vie de dizaines de millions d'êtres humains en quelques minutes !
L'anarchie générale du capitalisme qui entraîne un accroissement de la
concurrence nationale et mondiale entre les entreprises et les salariés, conduit à la dévalorisation du travail, provoquant une accélération de la crise car le capital se place
L'anarchie économique du capitalisme ne peut se réguler par les capitalistes puisque par nature et intrinsèquement leurs intérêts s'opposent aux besoins de rationnalisation, d'organisation efficiente de la production et de la consommation d'énergie notamment pour que l'Humanité puisse vivre en surmontant les défis de notre époque.
Une nouvelle organisation économique et politique fondée sur la démocratie est pourtant une exigence de civilisation. La première des exigences écologiste.
L'anarchie capitaliste ne peut être régulée qu'à des époques où des compromis entre
capitalistes et classe productrice peuvent s'établir, moments de la lutte de classe où le capitalisme concède aux exploités des acquis sociaux produits de la lutte comme les 30 glorieuses. Mais nous sommes entrés dans l'époque de la crise générale et mondiale du capitalisme où les marges de manoeuvre du système sont quasi-nulles, où les concessions quasi-impossibles, parce que la crise de la rentabilité du capital est à son comble et que la classe dominante avance une telle masse de capital qui lui est impossible d'accepter une baisse de rentabilité de celui-ci qui affaiblirait son pouvoir et sa domination,et cela d'autant plus lorsque ceux-ci sont contestés par la classe des producteurs et que ces derniers s'organisent politiquement. Nous arrivons à l'époque charnière , transitionnelle, d'un capitalisme destructeur à celle du socialisme qui pour se développer doit inventer une démocratie inédite.
Seul le socialisme démocratique dirigé par les travailleurs peut permettre une rationnalisation globale de l'économie c'est à dire une intervention politique massive des acteurs de la production et de la consommation de telle sorte que la propriété des moyens de production et l'organisation et la gestion de ceux-ci deviennent sociales. C'est l'enjeu fondamental de la lutte de classe actuelle qui par la révolution qu'il convient de préparer, commencera à apporter une solution à un développement fondé sur les besoins des être humains et de leur écosphère.
par Jean-Paul LEGRAND
Développement durable (DD) : sous ces deux mots se cachent bien souvent une
escroquerie marketing à la mode. Qu'est-ce qui n'est pas DD aujourd'hui ? Je me souviens de l'allocution d'un Conseiller régional de Picardie Vert qui vantait devant les patrons du MEDEF lors d'un colloque au golf d'Apremont les avantages du DD pour faire des profits !
Parcontre je rappellerai ma proposition d'utiliser de façon rationnelle le pétrole par les pouvoirs publics en étudiant des accords avantageux et directs avec les pays producteurs et leurs collectivités (comme le Venezuela) en échange de technologies nouvelles et d'un prix conventionné qui permettraient par exemple d'utiliser les économies réalisées de la sorte pour équiper notre parc social de logement en ampoules à basse consommation électrique et/ou d'agir sur les tarifs de nos transports
collectifs comme ce fut le cas à Londres.
De telles propositions font sourire certains qui hélas restent toujours
coincés dans des schémas et des dogmes qui, ont peut le parier, seront bousculés bientôt par l'imminence de
trouver une issue à la crise générale du capitalisme. Car ce sont dans les moments
de transition historique que naissent les idées qui peuvent paraître
utopiques et qui demain s'ancreront dans le réel. Ce sont aussi en ces moments que se produisent des bonds dans les
consciences qui s'émancipant des idéologies passéistes se transforment en action.
Ainsi les citoyens sont de plus en plus nombreux à penser que des coopérations même à des niveaux régionaux, voire locaux, dans le domaine énergétique, sont non
seulement possibles mais indispensables afin que l'énergie ne soit plus le monopole de multinationales mais tombe dans le domaine public !
Entre l'utilisation capitaliste du concept de Développement durable et la lutte nécessaire pour que l'énergie soit maîtrisée par les gens et à leur profit, il y a un abîme. J'entends les bailleurs sociaux expliquer qu'ils vont réaliser du Développement durable dans leurs futures opérations de construction comme l'exige le "Grenelle de l'environnement pour aussitôt rajouter "mais je ne vous dis pas la facture !" car évidemment, au passage, il y en a quelques uns qui vont profiter de l'aubaine. C'est que le DD rapporte beaucoup d'argent. Et l'on comprend pourquoi l'écologie est devenue
une préoccupation chère aux capitalistes : tout simplement parce que ça peut rapporter gros ! On voit même aujourd'hui des revues qui vous invitent réaliser votre "green business !" autrement dit à réaliser du profit sous l'étiquette "100% DD". Evidemment la lutte pour un développement durable des services publics, pourle passage en régie publique et
nationalisation des secteurs énergétiques est indispensable afin que les gens aient une
maîtrise réelle de ceux-ci.
Il y a des pays où l'on ne fait pas du DD pour le fric mais réelement
par nécessité pour la société. C'est le cas de Cuba qui est obligée d'en passer par là
d'autant qu'elle souffre du blocus inhumain des Etats-Unis que poursuit Obama. Tout observateur de bonne foi
reconnaîtra qu'un pays comme Cuba a réussi avec peu de moyens des progrès extraordinaires dans le domaine énergétique favorisant l'éducation et l'économie d'énergie pour le bien de l'ensemble de la société offrant un exemple intéressant pour la mobilisation citoyenne sur ces questions.
reconnaîtra qu'un pays comme Cuba a réussi avec peu de moyens des progrès extraordinaires dans le domaine énergétique favorisant l'éducation et l'économie d'énergie pour le bien de l'ensemble de la société offrant un exemple intéressant pour la mobilisation citoyenne sur ces questions.
Personne ne demande à personne d'être un fanatique du socialisme
cubain, mais force est de constater que les efforts entrepris ont payé. Et tout
observateur de bonne foi sait qu'il a beaucoup à apprendre des autres, que son habit de suffisance, et sa condescendance colonialiste si fréquente en France, il doit les laisser au
vestiaire, surtout quand il s'agit d'inventer des solutions radicalement nouvelles et efficaces face aux défis planétaires de production
de matières dangereuses agissant sur l'écosphère et surtout d'une accélération de
l'exploitation du travail humain que ce soit l'intolérable esclavage des enfants ou
l'inadmissible pression par le stress dans le management du personnel qui conduisent comme à
France Telecom aux suicides des travailleurs.
Le capitalisme est opposé par sa nature au Développement durable de l'homme d'abord et du reste ensuite car il est fondé sur le principe même du gâchis et non de la rationnalisation de la production et de la consommation. En effet dans le capitalisme la nature de la production est anarchique, elle dépend de la solvabilité des consommateurs qui elle même dépend du crédit. Un capitaliste n'apporte ses capitaux qu'en fonction de la rentabilité prévue et effective. Le même qui hier avait placé son capital dans la production de chaussettes, le retire aujourd'hui des usines de
confection pour le placer dans des prêts à haut rendement, et demain peut être dans la production de milliards de médicaments pour combattre le virus de la grippe ou carrément dans des celle d'armes qui peuvent détruire la vie de dizaines de millions d'êtres humains en quelques minutes !
L'anarchie générale du capitalisme qui entraîne un accroissement de la
concurrence nationale et mondiale entre les entreprises et les salariés, conduit à la dévalorisation du travail, provoquant une accélération de la crise car le capital se place
alors dans le système financier au détriment des salaires, de l'emploi, de la production réelle.
L'anarchie économique du capitalisme ne peut se réguler par les capitalistes puisque par nature et intrinsèquement leurs intérêts s'opposent aux besoins de rationnalisation, d'organisation efficiente de la production et de la consommation d'énergie notamment pour que l'Humanité puisse vivre en surmontant les défis de notre époque.
Une nouvelle organisation économique et politique fondée sur la démocratie est pourtant une exigence de civilisation. La première des exigences écologiste.
L'anarchie capitaliste ne peut être régulée qu'à des époques où des compromis entre
capitalistes et classe productrice peuvent s'établir, moments de la lutte de classe où le capitalisme concède aux exploités des acquis sociaux produits de la lutte comme les 30 glorieuses. Mais nous sommes entrés dans l'époque de la crise générale et mondiale du capitalisme où les marges de manoeuvre du système sont quasi-nulles, où les concessions quasi-impossibles, parce que la crise de la rentabilité du capital est à son comble et que la classe dominante avance une telle masse de capital qui lui est impossible d'accepter une baisse de rentabilité de celui-ci qui affaiblirait son pouvoir et sa domination,et cela d'autant plus lorsque ceux-ci sont contestés par la classe des producteurs et que ces derniers s'organisent politiquement. Nous arrivons à l'époque charnière , transitionnelle, d'un capitalisme destructeur à celle du socialisme qui pour se développer doit inventer une démocratie inédite.
Seul le socialisme démocratique dirigé par les travailleurs peut permettre une rationnalisation globale de l'économie c'est à dire une intervention politique massive des acteurs de la production et de la consommation de telle sorte que la propriété des moyens de production et l'organisation et la gestion de ceux-ci deviennent sociales. C'est l'enjeu fondamental de la lutte de classe actuelle qui par la révolution qu'il convient de préparer, commencera à apporter une solution à un développement fondé sur les besoins des être humains et de leur écosphère.
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