Les postiers parisiens étaient en grève dès hier. Ils sont rejoints aujourd’hui par l’ensemble de leurs camarades de travail. LM
Des dizaines d’organisations dans le Var, plus de
soixante communes concernées dans les Bouches-du-Rhône,
le soutien du conseil général de l’Hérault... le référendum se prépare dans le Sud.
Le référendum citoyen du 3 octobre sur l’avenir de La Poste se prépare dans chaque département. Exemple
du Var, des Bouches-du-Rhône et de l’Hérault.
Var : un comité très dynamique
Déclinaison locale du comité national de défense de la Poste, le comité varois a vu le jour début septembre. L’initiative lancée par le mouvement syndical a rapidement trouvé un
écho favorable parmi les partis politiques de gauche et diverses associations. « Il s’agit d’un comité dynamique, qui compte une quinzaine d’organisations dont la liste peut
s’allonger », commente Jean-Pierre Meyer, représentant du PCF au sein du collectif.
Comme au niveau national et ainsi que son intitulé l’indique, le comité entend œuvrer à la « sauvegarde du service public postal » et au développement de l’idée que « toute
ouverture du capital ne doit pas pouvoir se faire sans une consultation préalable des citoyens ». Citoyens que les militants comptent
sensibiliser au cours d’une semaine d’actions, du 28 septembre au 3 octobre, avec « un temps fort le 3 octobre ». Cette journée consistera en l’organisation d’une « votation »
destinée à réclamer la tenue d’un véritable référendum. « Partie intégrante de la lutte des postiers », le comité varois se joindra auparavant au rassemblement prévu
ce matin à Toulon. Au regard des échanges sur le terrain entre militants et population, Jean-Pierre Meyer souligne « le capital sympathie » dont bénéficie le service public
postal. Il souligne en outre « un autre élément » : « En termes de privatisations, les citoyens ont déjà donné : EDF, GDF, France Télécom… Est-ce que cela a apporté du mieux ?
Non. Ni pour les salariés - l’actualité à France Télécom parle d’elle-même - ni pour les usagers. Une prise de conscience s’opère qui, nous l’espérons, se manifestera par une
participation importante à la votation du 3 octobre ».
Bouches-du-Rhône : dans plus de soixante communes
La consultation nationale sur la privatisation de La Poste s’annonce sous de bons auspices dans les Bouches-du-Rhône. Tant par les décisions déjà prises que par celles qui le
seront dans les nombreuses réunions de collectifs qui seront organisées d’ici-là. C’est-à-dire d’ici le 28 septembre, car dans ce département, des votes se dérouleront de cette
date au samedi 3 octobre.
D’ores et déjà Louis Iorio, animateur de l’association « vivent les services publics », coordinateur de cette opération, recense des initiatives « dans plus de soixante communes
». Avec un nombre important de mairies qui apportent leur concours. Dont quatre mairies d’arrondissements de Marseille (1/7, 2/3, 13/14, 15/16).
Durant cette semaine, Aubagne, Martigues et Gardanne seront des hauts lieux de la votation, mais des localités de dimension plus modestes seront aussi dans le coup. Ainsi à
Lambesc, à Gignac et ailleurs, particulièrement dans le canton de Roquevaire, syndicalistes,
militants politiques et associatifs sont sur les starting-blocks. Très ambitieux aussi, le collectif du premier arrondissement de Marseille et celui d’Aix qui ne prévoit pas
moins de cinq bureaux de vote.
Partout les usagers seront sollicités devant les marchés, devant les bureaux de poste, sans compter la Foire de Marseille.
Parallèlement, plusieurs syndicats d’entreprise organisent le vote sur les lieux de travail, et la journée d’action des cheminots du jeudi 24 sera utilisée pour lancer la
consultation à la SNCF.
Hérault : 45 mairies ouvriront leur porte
Dans l’Hérault, les différents comités locaux contre la privatisation de La Poste (Ganges, Lunel, Lavérune, Clermont l’Hérault, Bédarieux, Béziers et Montpellier) se sont
fédérés en vue de la consultation nationale du 3 octobre. Déjà, 45 mairies du département ont accepté d’ouvrir leurs portes au vote. Parmi elles, celle de Montpellier, qui
mettra une urne à disposition à l’Hôtel de Ville ainsi que dans toutes les Maisons pour tous.
La votation commencera dès le lundi 28, jusqu’au point d’orgue du 3 octobre. Durant toute la semaine, les membres des syndicats, associations et partis politiques membres du
comité contre la privatisation se déplaceront également sur les principaux marchés, dans les bureaux de poste et dans certaines entreprises (Nicollin, banque de France, EDF,
IBM…) pour permettre une participation la plus large possible. Les cheminots CGT devraient également prendre en charge un vote à la gare de Montpellier.
Pourront voter toutes les personnes majeures, parmi lesquelles certains lycéens. Aussi, des établissements comme Jean Monnet à Montpellier seront équipés pour recevoir le vote
de ceux qui le souhaiteront. Jean-Luc Rey, secrétaire général de la CGT FAPT de l’Hérault, est optimiste : « Au niveau national, on table sur un million de votes. Localement, on
en espère près de 15 000. Et je pense qu’on les dépassera. »
Hier, le Conseil général de l’Hérault a apporté son soutien au mouvement en votant à l’unanimité une motion contre la privatisation de la Poste, pour un débat public et un
référendum sur le service public postal. « Nous sommes au cœur d’une question fondamentale. Le projet, qui vise à modifier les statuts et à ouvrir à la concurrence, est un
leurre pour la satisfaction du public. On l’a vu avec l’entrée du privé aussi bien chez EDF-GDF que chez France Telecom : c’est une catastrophe en terme de service rendu et
c’est ce qui nous attend avec La Poste. Au delà des sensibilités, c’est une question nationale », a estimé l’élu communiste François Liberti.
Enquête Agnès Masseï, Christian Carrère et Amélie Goursaud
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