Une radiographie des consommateurs français !
Depuis cinquante ans, les Français ont, chaque année, régulièrement - si ce n’est en 1993 -, consommé de plus en plus. Le volume annuel de consommation par personne est aujourd’hui trois
fois plus élevé qu’en 1960 dans l’Hexagone. Ainsi va la population française, globalement et statistiquement, selon l’INSEE, qui rend publique aujourd’hui une importante étude établie à partir
de deux sources différentes et pour une fois combinées : les comptes des ménages dans les comptes nationaux et les enquêtes « budget des familles » menées par l’INSEE auprès des
ménages. Dans cette riche étude qui radiographie la façon dont les Français gèrent leur budget et leurs choix de consommation, le diable est à chercher dans les détails.
Ainsi, bien que la part réservée à l’alimentation dans le budget des Français ait reculé de 38 % en 1960 à 25 % en 2007, et bien que les écarts entre les plus riches et les plus pauvres aient diminué légèrement, les dépenses alimentaires restent d’autant plus élevées que le niveau de vie des ménages est faible. Les plus pauvres sont non seulement contraints de consacrer une part importante de leurs revenus pour manger, mais ils s’interdisent de consommer poissons, produits de la mer, fruits frais et transformés, et boissons alcoolisées. Le budget alimentation des familles nombreuses (trois enfants ou plus) dépasse de 45 % celui de la moyenne des ménages ; il sert à acheter surtout du pain, du sucre, des céréales (pâtes, riz), des confitures et du chocolat. Manger à l’extérieur de chez soi est un luxe interdit aux pauvres. Sur ce point, les inégalités persistent, voire s’accentuent.
Si les dépenses diminuent pour l’alimentation et l’habillement dans le budget des Français, elles progressent pour le logement, le transport, la communication, les loisirs et la culture, ainsi que la santé. Concernant le logement, si toutes les catégories de ménages ont bénéficié de l’amélioration de sa qualité, les statistiques soulignent les inégalités. Alors qu’en 1985 le poids du logement variait peu avec le niveau de vie des ménages, en 2006, la part budgétaire du logement est de près de 14 points supérieure chez les ménages les plus pauvres. La raison ? Ils sont locataires : de 19 % de leur budget en 1984, ils doivent aujourd’hui y consacrer 25 %. Une part plus grande encore que celle des accédants à la propriété (22 %).
La part des dépenses en biens de santé a peu bougé en cinquante ans mais les statisticiens relèvent que, entre 1985
et 1994, du fait des décisions gouvernementales, la part restant à la charge des ménages est passée de 38 % à 44 %. Encore des arbitrages douloureux à gérer pour les familles les plus
modestes.
Dany Stive
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