Le PCF lance ses ateliers !
Régionales . Les communistes ont présenté, hier, dix rendez-vous qu’ils proposent au Front de gauche de coorganiser, et d’ouvrir aux autres forces de progrès.
Un an après le discours « fondateur » de Toulon, le PCF a dressé hier un bilan accusateur de l’action du chef de l’État, à quelques heures de son adresse télévisée aux Français.
Pierre Laurent, coordinateur national du PCF, a relevé pas moins de dix mensonges ou engagements non tenus depuis ce discours « destiné à terrasser la crise et à moraliser le
capitalisme ». Un écart qui en dit long sur la crédibilité des propos présidentiels et le pseudo-volontarisme affiché pour le G20 de Pittsburgh (États-Unis), où « il ne se passera
rien », selon Pierre Laurent : « Les Français peuvent éteindre leur téléviseur. Le président s’était fixé un seul objectif : encadrer les bonus des traders. Mais au bout du
compte, cela ne sera même pas réglé au G20. » Pour le PCF, face à cette impuissance, la gauche se doit « donc de mettre désormais en débat et en chantier d’urgence d’autres solutions,
en écoutant les salariés, les syndicats, les associations, les élus et les partis politiques, qui sont méprisés par le gouvernement ».
Des mesures d’urgence
La direction communiste se propose d’agir sur deux fronts. Premièrement, porter sans attendre « dans les dix prochains jours nos propositions face à la crise » en distribuant par
millions un quatre pages édité à cet effet, comme en a décidé le dernier conseil national. Le PCF demande des mesures d’urgence dans quatre domaines : « la mise en chantier immédiate
de la construction d’un grand pôle public et bancaire et financier » pour développer un nouveau type de crédit pour l’emploi et la formation et « l’élargissement du débat sur le
système financier international » à tous les pays, et non confiné au G20 ; « la remise en débat immédiate au Parlement » des trois propositions de loi communistes pour
stopper les licenciements boursiers et relancer les salaires ; le retrait du projet de changement de statut de La Poste et l’ouverture de débats pluralistes télévisés sur l’avenir du
service public postal ; enfin l’ouverture d’« une réflexion de la même ampleur que le Grenelle de l’environnement » sur « l’état d’urgence » qu’imposent les suicides au
travail.
Un chantier ouvert à toute la gauche
Dans une seconde étape, à partir du 10 octobre et jusqu’au 22, les communistes proposent à leurs partenaires du Front de gauche (Parti de gauche, Gauche unitaire, République et socialisme),
qu’ils devaient rencontrer hier, de coorganiser dix ateliers thématiques nationaux du projet pour déboucher sur des plates-formes communes partagées, en vue des élections régionales. Des
ateliers que le PCF continue à proposer d’ouvrir à toute la gauche sociale et politique (contre l’avis du Parti de gauche qui ne souhaite pas y inclure le PS), car le but est d’aboutir à un
« Front de gauche élargi » à ambition majoritaire. Pour Marie-George Buffet : « Il faut que le Parti de gauche y participe, si on veut donner l’exemple de ceux qui
n’enferment pas la gauche dans le marasme des alliances, mais donnent du contenu et du sens en travaillant sérieusement sur les grands choix qui peuvent fonder une politique de gauche. »
Au vu des conclusions de ce travail, le conseil national du PCF formulera une « offre politique nationale » en vue des régionales, le 24 octobre.
D’ici là, les ateliers se pencheront sur « le nouveau mode de développement » le 10 octobre à Marseille et
le 19 à Bordeaux, sur la démocratie le 10 à Grenoble et le 20 à Ivry, sur l’éducation et la recherche le 13, à Toulouse, sur les services publics et le climat le 15 à Orléans et à Paris, sur
l’utilisation de l’argent le 20 à Villeurbanne, sur la fiscalité le 22 à Angers, et sur le « temps libéré », le même jour, à Montreuil.
Sébastien Crépel
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