
Service public. Quatre syndicats appellent les guichetiers des bureaux de Paris à une grève « illimitée » contre les réorganisations et les suppressions d’emplois, avant une journée de grève nationale mardi contre le projet de privatisation de l’entreprise publique.
Semaine cruciale pour les postiers. Alors que cinq fédérations syndicales de La Poste (CGT, FO, SUD, CFDT, CFTC) appellent demain à une journée de grève nationale contre le projet de
privatisation de l’entreprise publique, les guichetiers de Paris se mobilisent dès aujourd’hui. Quatre syndicats (CGT, FO, SUD, CFTC) ont en effet déposé, pour les personnels des bureaux de
poste de la capitale, un préavis de grève illimitée à partir d’aujourd’hui, afin de protester contre les réorganisations, les suppressions de postes, et la privatisation. Les grévistes sont
appelés à se rassembler ce matin devant le bureau de poste de la rue du Louvre.
Alors que la direction se targue d’améliorer l’accueil des clients et d’abaisser le temps d’attente, les syndicats ont comptabilisé 140 suppressions de postes dans les guichets parisiens depuis janvier. « Les files d’attente se multiplient et les usagers qui entrent dans un bureau de poste ne savent même plus où trouver les guichets », a expliqué à l’AFP Olivier Gault, de la CGT, qui dénonce la transformation des bureaux en « magasins envahis d’automates et de présentoirs pour vendre des gadgets », mais avec de moins en moins de personnel derrière les guichets pour répondre aux vraies demandes des usagers. Les suppressions d’emplois sont permises notamment par le déploiement, depuis novembre 2008, du plan « Bienvenue à La Poste », étendu progressivement dans tous les bureaux. Il consiste pour la direction à flexibiliser le temps de travail des guichetiers. « Il y a maintenant des semaines hautes et des semaines basses. Les bureaux ouvrent jusqu’à 20 heures au lieu de 19 heures, ce qui pose problème aux postiers qui habitent en banlieue, explique Jérôme Cottenceau de la CGT. Et les temps partiels choisis par les agents, souvent pour s’occuper d’enfants en bas âge, sont supprimés ». Pour les usagers, La Poste est ouverte une heure de plus, mais « pas pour les opérations financières », précise le syndicaliste, qui dénonce la mise à l’écart des usagers modestes, utilisant les Livrets A comme compte courant. Au bureau de poste Château-Rouge, dans le 18e, arrondissement populaire, les guichetiers sont en grève depuis le 7 septembre contre cette réorganisation, qui entraînera la suppression de deux postes, alors qu’un emploi a déjà été supprimé l’an dernier. Les temps d’attente vont jusqu’à une heure ou une heure et demie, dénonce Jérôme Cottenceau.
La situation parisienne n’a rien d’une exception. Au niveau national, La Poste a supprimé 7 500 emplois entre
janvier et juin, dénonce la CGT, sur la base des résultats semestriels de l’entreprise. De son côté, SUD/PTT dénonce le recul de la présence postale, avec la fermeture depuis janvier 2008
de 1 060 bureaux de plein exercice, transformés en bureau de proximité (aux horaires limités), en agence postale à la charge de la commune, ou en relais-poste chez les commerçants.
Fanny Doumayrou
http://www.humanite.fr/La-Poste-parisienne-aux-abonnes-absents
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