A la fête de l’Huma, on peut réfléchir lors des nombreux débats, flâner dans le village du Monde, écouter Arthur H sur la grande scène mais on peut aussi faire ses courses ! Et pas n’importe quelles courses : depuis deux ans, l’agriculture biologique est à l’honneur. Petit détour par le marché solidaire.
Légumes du terroir, vin bio, huîtres du Morbihan, ou même pipeau colombien… pour la deuxième année consécutive, le commerce équitable s’invite sur la fête de l’Huma. Une dizaine de stands au marché solidaire promeut l’agriculture locale et la solidarité dans les échanges.
Jean-Marie Legal est ostréiculteur. Avec des amis, il est venu du Golfe du
Morbihan faire savourer ses huîtres et ses moules bio aux festivaliers. Son crédo : l’amour de l’artisanat et du travail bien fait, rien de plus. « Je crois qu’aujourd’hui, il est
important de ne pas oublier les racines culturelles » explique-t-il avant de servir une assiette de moule aux badauds.
Ses amis qui
l’aident sur le stand sont forgerons, charpentier et mécaniciens. Mais attention pas n’importe comment : « ils pratiquent la charpente navale traditionnelle et la mécanique
ancienne » insiste Jean-Marie. Tous ensembles, ils forment une équipe enthousiaste.
En face de lui, entre le stand des cosmétiques au lait d’ânesse et celui des courges et des potirons bios, on retrouve Laure Gardebois. Elle aussi promeut « l’amour du métier ». Elle se présente d’ailleurs comme vigneronne et non pas viticultrice. « C’est comme paysan et agriculteur » dit-t-elle en riant avant d’ajouter « le vigneron vit dans ses vignes ». Depuis 1997, dans son domaine bordelais, elle produit un côte de Blaie et un Côte de Bourg AOC selon les critères de l’agriculture biologique : sans pesticides ni herbicides, seulement avec des produits naturels. « C’était une conviction personnelle. Je crois que l’on peut vendre des produits sains en privilégiant l’échelle locale » explique-t-elle.
Le marché est un espace d’échange et de débats. Outre les producteurs locaux, des associations comme Minga, Equi’sol ou bien Nature et Progrès discutent avec les consommateurs et les informent sur une façon plus citoyenne de produire et échanger.
Entre deux dégustations de café et de thés, Rémi, jeune coordinateur bénévole de
l’association Equi’sol qui promeut le commerce équitable entre Nord et Sud, s’interroge : « On veut rester local le plus possible. Mais peut-on vraiment se passer de thé ou de
café ? ». Une question à laquelle Michel Besson, secrétaire général de Minga, est sensible. « Regardez ce poivre d’Equateur » dit-il en désignant une petite bouteille en
plastique. « Ses producteurs ne produisaient que du sucre auparavant. Aujourd’hui, ils se diversifient. Mais ces cultures ne représentent que 7% de leur culture. Nous ne voulons pas de
culture d’exportations ».
De son côté, Jean-Pierre Langlade, président du groupe Ile de France de Nature et Progrès, défend l’authenticité du mouvement bio, repris selon lui par l’Etat et
l’Europe. « Aujourd’hui, l’agriculture biologique a le pouvoir de devenir une économie, un mouvement politique, c’est en train de rentrer dans les mœurs, seulement ceux qui ont
l’argent essaient de le récupérer. Il faut que le mouvement redevienne un mouvement citoyen ».
Dehors, sur la pelouse, à deux pas du marché solidaire, les huîtres ne font pas long feu. A peine ouverts, déjà englouties !
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