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Rentrée scolaire : Le ministre masque les suppressions de postes !

mercredi 2 septembre 2009 / "le Patriote"


Après les conférences de presse de rentrée du nouveau ministre de l’Education Nationale et du Recteur de l’Académie une chose est sure : en cas de grippe, il y aura des masques à volonté mais assurément pas de remplaçants pour les enseignants malades. La grippe A étant abondamment utilisée dans les argumentaires pour minorer tous les autres sujets d’actualité.

Suppressions de postes


A l’échelle nationale ce sont 13.500 postes qui disparaissent à cette rentrée, et 16.000 suppressions programmées pour l’année suivante, ce qui atteindrait le record sinistre de 50.000 suppressions d’emplois depuis 2007 soit 6% du nombre total des enseignants. Assurément le plus grand « plan social », même si il est « éclaté » en une multitude d’établissements.

Dans l’académie de Nice, pour l’enseignement secondaire, lycées et collèges, c’est l’équivalent de 70 postes à temps plein qui sont supprimés à cette rentrée du côté des remplaçants. La pénurie de l’an dernier ne peut donc que s’aggraver. Dans l’enseignement primaire, postes de RASED pour le soutien scolaire et remplaçants sont aussi en première ligne des suppressions.

Par ces saignées, on détériore la situation immédiate, au détriment d’abord des élèves les plus fragiles, mais également on hypothèque gravement l’avenir.

En effet dès cette année l’évolution démographique relève les effectifs du primaire (+ 17.000) et des collèges (+ 16.000). Le manque d’enseignants ne peut donc que se faire plus aigu à l’avenir. Il faudra plusieurs années de postes mis au concours chaque année pour redresser la situation.

Les instances locales (Rectorat et Inspection d’Académie) jouent un rôle aggravant dans cette situation en minorant systématiquement leurs prévisions démographiques. Ainsi en juillet, on a « découvert » que les prévisions d’effectifs en seconde étaient sous estimées de l’ordre de 400 élèves. De même, en cette rentrée, de l’ordre de 400 à 600 de jeunes orientés en seconde professionnelle ou en apprentissage restent sur le carreau faute de places disponibles. Rien que sur le secteur géographique de Nice, il manque une capacité d’accueil de l’ordre d’un Lycée Professionnel.

Enfin, alors même que la rentrée est en cours, la pénurie de remplaçants est déjà flagrant, en a témoigné, cette semaine, cette petite annonce du Pôle Emploi cherchant à recruter « pour un CDD de 4 mois renouvelable » un Professeur de Lycée Professionnel pour enseigner la physique et la chimie en seconde. (Formation bac +3 ou +4 exigée, avec un salaire de 1300 euros !, une façon de rappeler que les enseignants débutants en sont toujours à entamer leur carrière avec 1,2 SMIC environ !)


Un climat de méfiance


Le ministre, dont on a vu dans un supermarché de la Région Parisienne, le goût prononcé pour la « Com » préfabriquée, « Ménagères de moins de 50 ans » très UMP à l’appui, annonce vouloir poursuivre les « réformes » de son prédécesseur, « Darcos-Vador » qui n’aura guère laissé de bons souvenirs.

Après les remises des rapports Descoings et Apparu (1), il semble considérer le temps de la concertation sur la réforme des lycées comme achevé et prétend annoncer courant septembre l’architecture de la réforme des lycées, dont une nouvelle seconde qui serait applicable à la rentrée 2010. Il y aurait beaucoup de dangers à accepter cette précipitation sans y regarder de plus près.

Mais plein d’autres chantiers destructeurs de Darcos méritent d’être rouverts. Ainsi, à l’école primaire, quel vrai bilan de la semaine de quatre jours ? Et quel bilan aussi des insuffisances voire des effets totalement pervers du dispositif dit des « deux heures de soutien » qui viennent le plus souvent allonger inefficacement une journée déjà trop longue. La désectorisation (ou la « suppression de la carte scolaire ») quel bilan deux ans après son instauration ?

Il serait utile que ce ministre se souvienne que les bancs des écoles, les associations de Parents d’élèves et les salles des Professeurs, ne seront pas, eux, emplis de gens complaisants réunis par des « services de Com ».


Une grande question politique


Un peu plus de 20% des enfants d’ouvriers obtiennent un bac général contre 72% pour les enfants de cadres supérieurs. Objet d’espoirs mais aussi de frustrations sociales et culturelles fortes, voire d’un ressentiment des « exclus », l’école peine à répondre aux aspirations. Les réformes de ces dernières années portent la marque de la « concurrence », entre élèves, entre établissements, entre catégories, au détriment de la réussite de tous. Une école commune, et non pas unique, est à reconstruire. C’est parmi les plus importants défis de civilisation.

 Jean Paul Duparc


(1) ces deux rapports, le premier missionné par le gouvernement après le blocage de la réforme Darcos, le second directement issu du groupe UMP de l’Assemblée Nationale.


http://www.le-patriote.info/spip.php?article2921
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Tag(s) : #Education
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