Education Nationale : Les désobéisseurs présentent leur charte
Correspondance particulière.
À l’issue des deux journées de leur « université d’été » à Montpellier (Hérault), une cinquantaine d’enseignants en résistance pédagogique ont fait connaître leur volonté de
structurer et d’amplifier leur mouvement, qui rassemble actuellement quelque 3 000 professeurs des écoles. Parmi les décisions annoncées : une charte de la résistance pédagogique, la
création d’une caisse nationale de solidarité et un nouveau site Internet.
Cette université d’été inédite se tenait dans un département où deux directeurs d’école, Bastien Cazals et Isabelle Huchard, sont menacés d’être démis de leur fonction par l’inspecteur d’Académie, Paul Jacques Guiot. Leur faute : avoir refusé de renseigner le fichier « Base élèves ». Invité sur l’antenne de France Bleu Hérault hier matin, Paul Jacques Guiot évoquait « une mesure de salubrité publique ». Ajoutant à ses propos provocateurs : « Nous les gardons parce qu’on leur donne une chance d’entendre raison. »
Le Réseau des enseignants du primaire en résistance devait apporter son soutien aux deux directeurs héraultais, lors d’un rassemblement prévu en début d’après-midi à l’inspection d’académie de Montpellier, mais aussi à François de Lillo menacé également pour les mêmes raisons de perdre sa fonction de direction lundi prochain à Foix (Ariège) où un rassemblement aura également lieu devant l’inspection académique à 8 h 30. La charte de la résistance pédagogique adoptée à Montpellier sera soumise à la signature des enseignants du primaire sur le nouveau site Internet (1). Cette charte en huit points rappelle notamment que les « réformes structurelles et pédagogiques imposées par le ministère de l’Éducation nationale ne permettent pas de construire une école équitable, humaine et respectueuse de tous les enfants. Elles conduisent à la déconstruction de l’école publique en vue de l’ouvrir au secteur marchand ». Un appel à résister qui se conclut ainsi : « En signant cette charte, je rentre en résistance en n’appliquant pas tout ou partie des dispositifs contraires aux valeurs de respect, de coopération et de progrès. Je revendique, en conscience, par loyauté envers le service public d’éducation, et au nom de la liberté pédagogique inscrite dans la loi, la possibilité de mettre en place toute alternative pédagogique dans l’intérêt des enfants. »
(1) www.resistancepedagogique.org
Eloi Martinez
/image%2F0551212%2F20170620%2Fob_74cedc_bandeau-pcf.jpg)