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Article paru le 19 août 2009 dans l'Humanité

 

Une rentrée bon marché ? Une opération de com !

Consommation . Les associations familiales publient leurs enquêtes sur les prix des fournitures. Toutes ne concluent pas à une réjouissante baisse.


Dans les grandes surfaces, parasols et tables de jardin ont fait place nette aux bureaux d’écoliers. Les rayons plage, eux, ont cédé aux rayons cahiers, crayons et cartables. Comme chaque année, à deux semaines de la rentrée, les associations familiales rendent publiques leurs enquêtes sur le coût moyen des fournitures scolaires. Première à tirer, Familles de France annonce une baisse substantielle des prix : « Cette année, l’ensemble des circuits de distribution affiche des prix à la baisse. » Précisant que les magasins spécialisés sont ceux qui enregistrent « la plus forte baisse » (- 14,1 %), devant « les hypermarchés (- 5,7 %) et les supermarchés (- 2,6 %) ».

Même optimisme de façade côté gouvernement. Pour le ministre de l’Éducation nationale, Luc Chatel, l’opération « Les essentiels de la rentrée », lancée en 2008 en partenariat avec Familles de France, semble tout régler. Des négociations ont été menées avec la grande distribution pour « maîtriser les prix ». Les enseignes feraient-elles dans le social ? Pas vraiment, puisque, d’une part, les fournitures représentent un produit d’appel pour attirer les consommateurs et, d’autre part, cette opération est une occasion pour les enseignes de donner une bonne image.

Toutes les associations familiales ne partagent pas l’optimisme gouvernemental. Brigitte Masure, secrétaire générale adjointe de la Confédération syndicale des familles (CSF), dénonce l’opération « Les essentiels de la rentrée » : « C’est un rideau de fumée. La baisse des prix s’accompagne d’une baisse de la qualité des produits. On trouve des ciseaux à 0,50 euro mais qui se cassent en deux mois. Il faudra racheter à nouveau une autre paire. Au final, ça revient plus cher et ce sont les familles les plus modestes qui sont visées. » Par ailleurs, la CSF refuse de focaliser sur la rentrée : « Nous préférons parler du coût de la scolarité. Pourquoi le gouvernement ne prend-t-il pas en charge le transport scolaire et la cantine ? »

De son côté, l’Union des familles laïques (Ufal) refuse carrément d’entrer dans la course aux chiffres. Pour son président, Bernard Teper, « le gouvernement ne veut pas que des études sérieuses, faites par des instituts nationaux, soient menées sur les dépenses des familles. Cela démontrerait les inégalités flagrantes. Peut-on sérieusement parler de la rentrée scolaire sans parler de l’affaissement du pouvoir d’achat pour un nombre conséquent de citoyens et de leurs familles ? » Dernier point : l’allocation de rentrée scolaire (ARS). Là encore, ces deux associations s’insurgent. Le CSF considère que la somme allouée pour les écoliers n’est pas très différente de celle accordée aux lycéens « alors que nous savons tous que plus on avance dans les études, plus on a besoin de matériel scolaire ». L’Ufal, elle, réitère sa proposition de double modulation de l’ARS : « L’une en fonction de l’âge de l’enfant et l’autre en fonction du type de scolarité. Le coût de la rentrée est beaucoup plus élevé pour les familles des couches populaires qui font rentrer leur enfant en seconde technologique que pour celles qui mettent leurs enfants dans l’enseignement général. »

Ixchel Delaporte

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Tag(s) : #Economie
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