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Société - Article paru le 19 août 2009 dans l'Humanité

 

Grippe A : Luc Chatel, virus de l’esbroufe !

Grippe A . Le ministre de l’Éducation a détaillé hier son plan de prévention pour le milieu scolaire. Son credo : ni dramatisation ni banalisation. Mais plusieurs questions restent sans réponse.


« Mon rôle, c’est de fixer des grands principes, des process. » Des grands principes, Luc Chatel, ministre de l’Éducation, en a effectivement énoncé lors de sa présentation du plan de prévention contre la grippe A pour les écoles. Il a d’abord exclu toute fermeture préventive et générale des établissements et tout report de la rentrée. Pas de « dramatisation » donc, il l’avait promis. En lieu et place, le gouvernement a préféré « le cas par cas ». À partir de trois cas en moins d’une semaine survenant dans une même classe ou des classes différentes avec activités partagées, les préfets décideront si une classe mérite d’être suspendue ou si un établissement doit fermer ses portes. Toutes ces mesures revêtiraient cependant un caractère provisoire, les écoles étant amenées à rouvrir au bout de six jours une fois le ménage des locaux assurés.

La grippe A comme la gastro ?


« Les parents devront s’organiser avec leurs familles ou leurs voisins pour faire garder leurs enfants. Cette situation n’est pas vraiment nouvelle, des épidémies de gastro-entérite amenant des situations similaires », a tenté de rassurer Luc Chatel. S’il en a appelé à la « solidarité familiale », reste à savoir comment les parents vont réellement pouvoir s’organiser. Surtout dans les ménages les moins aisés qui n’ont pas les moyens d’investir dans une garde d’enfants. Marcel Grignard, de la CFDT, a également posé la question de l’organisation en entreprise. Chargés d’assurer la continuité économique en cas de pandémie, « on ne peut pas demander en même temps à ces gens-là (les salariés - NDLR) de garder leurs enfants chez eux ».


Émissions télé, radio…


De son côté, le SNUipp, principal syndicat d’enseignants du primaire, juge les informations transmises par le ministère aux professeurs pour le moins lapidaires. « De nombreux points restent à préciser comme la question des fratries, la conduite à tenir par les enseignants dont les propres enfants seront atteints par l’épidémie, (…) l’organisation des ramassages scolaires. » C’est, sans doute, l’heure où Luc Chatel fixe des « process » : il promet qu’une circulaire sera rapidement envoyée au corps enseignant.

Pour le volet enseignement justement, le ministre a précisé qu’une série d’émissions de radio de 288 heures serait diffusée sur France Culture et des programmes de 264 heures sur France 5. À raison de 5 h 30 par jour, quatre jours par semaine. Le Centre national d’enseignement à distance pourrait également prendre le relais des professeurs. Reste qu’une radio ne pourra jamais remplacer un enseignant. Des professeurs référents seront donc chargés de ramasser les copies.

Si Luc Chatel assure qu’aucune vaccination systématique n’est prévue, le dépliant distribué par le ministère précise : « Une campagne de vaccination aura lieu à partir de cet automne. » De même, le ministère compte sur « les médecins et les infirmiers de l’éducation nationale », appelés à « jouer un rôle important ». Pourtant, les 7 500 infirmières tournant sur plusieurs établissements semblent bien être dans l’incapacité de répondre à une situation de crise (lire notre témoignage). Or Luc Chatel écarte pour l’heure toute possibilité de nouvelles embauches : « Si vous me demandez si nous allons recruter 200 000 médecins et infirmières scolaires, je réponds non », a-t-il asséné franchement.


Lina Sankari

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Tag(s) : #Politique
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