Overblog Tous les blogs Top blogs Politique Tous les blogs Politique
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
MENU
Publicité

Villers-le-Bel, retour sur émeutes !

Procès . Dix jeunes de Villiers-le-Bel, accusés de caillassage contre les policiers, en novembre 2007, sont jugés depuis hier, en correctionnel à Pontoise.

Que craignait-on, hier matin, au tribunal correctionnel de Pontoise (Val-d’Oise) où étaient jugés dix jeunes de Villiers-le-Bel, accusés de violences contre la police, les 25 et 26 novembre 2007, lors des émeutes qui ont suivi le décès de Moshin (quinze ans) et de Lakamy (seize ans), morts à la suite d’un choc entre leur mini-moto et une voiture de la police ? De nombreux policiers cernent le tout nouveau et lumineux tribunal, le parking est exceptionnellement interdit aux voitures, le public subit une double fouille à l’entrée du bâtiment puis à celle de la salle d’audience… Devant le portique d’accueil, un gradé explique à ses troupes : « Vous leur faites retirer leurs casquettes et interdiction de les remettre, y compris dans le hall. » Mais de casquette, nous n’en verrons pas une seule.

Deux procédures

Dans la belle et austère salle d’audience, le calme est impressionnant. Pourtant, dès ses premiers mots, la présidente du tribunal, Marie-Claire Maier, à peine l’appel des accusés, des parties civiles et des témoins effectué, croit bon de prévenir : « Je veux que cette audience se déroule dans le plus grand calme et la plus grande sérénité. » Et, pour ce faire, précise : pas de casquette, pas de téléphone portable (mais à l’entrée de la salle, les gendarmes ont fait leur travail). Dans un parfait silence, afin que « tout le monde ne parle pas en même temps », elle annonce que, selon la règle, chacun le fera à son invitation. Discours bientôt ponctué d’un tonitruant : « Je veux que les prévenus ne bâillent pas quand je parle ! »

Les dix jeunes, poursuivis pour « violences volontaires » sur des fonctionnaires de police, avec armes, en réunion, avec guet-apens, qui comparaissent libres sous contrôle judiciaire, savent qu’ils risquent gros. Face à eux, 37 policiers, dont six sont présents, se sont constitués partie civile. L’instruction de leur dossier est issue de la procédure engagée par ailleurs contre cinq jeunes accusés d’avoir tiré au fusil contre les forces de l’ordre. Fait inédit dans les banlieues qui avait alors créé beaucoup d’émotions. La proximité des deux procédures pèse évidemment sur l’audience. D’autant que la description des faits, avec plans et photos aériennes, du capitaine Aubry, de la DRPJ de Versailles, puis le témoignage du commandant de la CRS 43 engagée le 26 novembre à Villiers-le-Bel, insistent sur le caractère organisé, coordonné des attaques (à coups de cailloux, de bouteilles, de cocktail Molotov et d’armes à feu) contre les forces de police. À les entendre, on serait passé, ces soirs de novembre 2007, tout près d’une catastrophe plus grande encore que celle laissée par deux journées d’émeutes.

Excuses et regrets

Les premiers accusés appelés à la barre font profil bas. Ils reconnaissent les faits (tous ne le feront pas), les regrettent, s’excusent pour les blessures qu’ils auraient pu provoquer… puis retirent les accusations que, pendant leur garde à vue, ils ont porté contre leurs camarades. Il faut dire qu’ils se connaissent tous depuis la maternelle.

Dany Stive


http://www.humanite.fr/Villers-le-Bel-retour-sur-emeutes
Publicité
Tag(s) : #Société
Partager cet article
Repost0
Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :