Tribune libre - Article paru le 1er juillet 2009 dans l'Humanité
L’invitée de la semaine
"L’écologie est politique"
Marie Claire Cailletaud,Porte-parole de la fédération
mines-énergies CGT
Les commentaires lors des dernières élections européennes, les discours des dirigeants des entreprises débordent
d’écologie et de développement durable. Les mots et le concept ont été une fois encore détournés par l’idéologie dominante. Certains hommes politiques se prêtent au jeu en prétendant que
l’écologie traverse les partis. Quelle mascarade !
Alors quoi ? Les délocalisations d’entreprise, les politiques de flux tendus, la fermeture des lignes de chemin de fer, la cherté des loyers imposant aux salariés des déplacements importants, la pollution, le pillage des ressources naturelles par les multinationales, tout cela ne serait pas politique ?
Arrêtons de culpabiliser les individus. S’il est indispensable d’adapter nos comportements aux possibilités de la planète, le premier responsable de son état est bien le système d’organisation économique capitaliste puis libéral. Prenons un exemple, dans le domaine de l’énergie, la déréglementation du secteur entraîne complexité et gaspillage. Pour avoir une rentabilité rapide et minimiser les investissements, on va voir se développer de manière anarchique des cycles combinés gaz, c’est-à-dire des usines qui vont produire de l’électricité à partir du gaz, ce qui est du gaspillage et génère des gaz à effet de serre.
Les intérêts à court terme des actionnaires sont en contradiction frontale avec le montant des investissements nécessaires et le besoin de vision à long terme du secteur énergétique, maîtrisée au niveau du pays, et en cohérence avec les autres pays d’Europe.
La déréglementation imposée par les gouvernements successifs et l’Union européenne désoptimise le système et affaiblit les entreprises du secteur. GDF a été privatisé lors de sa fusion avec Suez afin d’introduire un concurrent et fragiliser EDF. Aujourd’hui une attaque extrêmement grave survient pour privatiser Areva, maillon essentiel de la filière nucléaire française. Les concessions hydrauliques vont être mises sur le marché.
Système complexifié, opaque, qui va avoir plusieurs conséquences. Les prix vont augmenter. Le tarif régulé de l’énergie est dans le collimateur, alors qu’il permet l’égalité de traitement et la fourniture à un meilleur prix, et entrave la concurrence qui n’a pas réussi à faire mieux !
Le rapport Champsaur commandé par le gouvernement et poussé par toutes les entreprises du secteur s’y attaque fortement et fera l’objet d’un débat au Parlement à l’automne. À terme, ce sont non seulement des hausses de prix mais une qualité moindre de l’énergie, des temps de coupure plus longs (c’est déjà le cas), des accidents (explosion de gaz où la responsabilité de l’entreprise a été reconnue), des services dégradés, puis des problèmes plus importants sur le réseau auxquels nous serons confrontés.
Les citoyens doivent se mêler de ces questions qui ont un impact fort sur le développement économique, social, écologique, participer au débat, exiger que leurs représentants à l’Assemblée nationale prennent en compte leur avis et leur rendent des comptes.
Alors quoi ? Les délocalisations d’entreprise, les politiques de flux tendus, la fermeture des lignes de chemin de fer, la cherté des loyers imposant aux salariés des déplacements importants, la pollution, le pillage des ressources naturelles par les multinationales, tout cela ne serait pas politique ?
Arrêtons de culpabiliser les individus. S’il est indispensable d’adapter nos comportements aux possibilités de la planète, le premier responsable de son état est bien le système d’organisation économique capitaliste puis libéral. Prenons un exemple, dans le domaine de l’énergie, la déréglementation du secteur entraîne complexité et gaspillage. Pour avoir une rentabilité rapide et minimiser les investissements, on va voir se développer de manière anarchique des cycles combinés gaz, c’est-à-dire des usines qui vont produire de l’électricité à partir du gaz, ce qui est du gaspillage et génère des gaz à effet de serre.
Les intérêts à court terme des actionnaires sont en contradiction frontale avec le montant des investissements nécessaires et le besoin de vision à long terme du secteur énergétique, maîtrisée au niveau du pays, et en cohérence avec les autres pays d’Europe.
La déréglementation imposée par les gouvernements successifs et l’Union européenne désoptimise le système et affaiblit les entreprises du secteur. GDF a été privatisé lors de sa fusion avec Suez afin d’introduire un concurrent et fragiliser EDF. Aujourd’hui une attaque extrêmement grave survient pour privatiser Areva, maillon essentiel de la filière nucléaire française. Les concessions hydrauliques vont être mises sur le marché.
Système complexifié, opaque, qui va avoir plusieurs conséquences. Les prix vont augmenter. Le tarif régulé de l’énergie est dans le collimateur, alors qu’il permet l’égalité de traitement et la fourniture à un meilleur prix, et entrave la concurrence qui n’a pas réussi à faire mieux !
Le rapport Champsaur commandé par le gouvernement et poussé par toutes les entreprises du secteur s’y attaque fortement et fera l’objet d’un débat au Parlement à l’automne. À terme, ce sont non seulement des hausses de prix mais une qualité moindre de l’énergie, des temps de coupure plus longs (c’est déjà le cas), des accidents (explosion de gaz où la responsabilité de l’entreprise a été reconnue), des services dégradés, puis des problèmes plus importants sur le réseau auxquels nous serons confrontés.
Les citoyens doivent se mêler de ces questions qui ont un impact fort sur le développement économique, social, écologique, participer au débat, exiger que leurs représentants à l’Assemblée nationale prennent en compte leur avis et leur rendent des comptes.
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