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La LGV repart auprès de ses chères études !

Article paru dans La Marseillaise du mercredi 1 juillet 2009 

 



Le dossier LGV risque de provoquer beaucoup de vague d’ici le premier coup de pioche.BRUNO ISOLDA
Le dossier LGV risque de provoquer beaucoup de vague d’ici le premier coup de pioche.BRUNO ISOLDA
La vie du rail. Réseau ferré de France relance des études préliminaires sur le tracé des métropoles qui seront remises d’ici 4 ans. Quant aux anti-LGV : ils ne décolèrent pas.

 


C’est fait, Jean-Louis Borloo a choisi le tracé dit des métropoles (Aix-Marseille-Toulon-Nice) en s’appuyant sur le rapport Cousquer remis ce mois-ci au ministère. Dans les grandes lignes, le tracé devra s’intégrer dans un axe reliant Barcelone à Gênes, développer les TER, préserver l’environnement et l’agriculture, se faire une petite place au milieu d’un paysage très urbain en empruntant les voies existantes ( ?). Vaste programme mais qui ne dit toujours pas comment il sera financé et ni par où il passera, surtout dans le Var où le problème s’annonce plus qu’épineux si on veut faire plaisir à tout le monde… Ainsi, des études préliminaires destinées à préciser les conditions de la poursuite du projet de la LGV PACA « vont commencer maintenant » et seront remises d’ici 4 ans en vue de l’enquête d’utilité publique, a annoncé hier Réseau Ferré de France (RFF). Il s’agit d’affiner le tracé des 180 km de lignes nouvelles, l'aménagement ou les créations de gares ainsi que la répartition du financement de ce projet, dont le coût global a été réévalué à 15 milliards d’euros, selon RFF, en charge de ces études. Selon Jean-Michel Cherrier, chef de la mission LGV PACA, les premiers trains pourraient circuler à l'horizon 2022-2023. Parmi les points délicats du projet, les 10 km de sous-terrain - sur les 60 au total - qu'il faudra construire sous la gare Saint-Charles et dont le coût pourrait s'élever à 1 milliard d’euros. La localisation de la gare de Toulon, en centre ville ou en périphérie, sera également débattue, tout comme celle à construire dans le Var, entre les Arcs et le Muy, et celle envisagée près de Grasse. Le coût des études préliminaires serait d’environ 70 millions d’euros. Du côté des anti-LGV, on est par contre très remonté contre cette décision. Hier après-midi, Ils* dénonçaient ce choix et annonçaient la tenue de plusieurs actions. « C’est une folie parce que ce n’est pas 15 milliards qui sont prévus mais bien 20,8 milliards, dans le rapport Cousquer. On nous prend pour des citrons parce que RFF ne financera que 15% de l’enveloppe. Rien que la première phase des travaux entre Marseille et Aubagne coûtera 10 milliards, ne fera gagner qu’une vingtaine de minutes pour aller à Nice. Quant à la phase deux, celle du Var : est-ce qu’on pourra la financer d’ici 2040 ? Avec l’argent des entreprises peut-être ? », s’interroge Olivier Lesage de Stop TGV Coudon.

 

G. DE SAINT VULFRAN


(*) Les caves du Cannet, de La Crau, Pierrefeu, Cuers, Puget-Ville, Pignans, Carnoules, Gonfaron et les associations Environnement Pierrefau, la Garde ensemble, TGV Toulon, Stop TGV Coudon, Collectif Sud Var ou encore l’Adipa.


Une décision jugée « incohérente », qui ne répond pas « aux enjeux de développement social, économique, écologique »

Réactions « En décidant de choisir le tracé Métropoles, l’Etat rend un service à ses maires UMP qui sont aussi ex-ministre de l’Aménagement du Territoire, députés, etc. Si le coût à la hausse de ce tracé n’arrête pas les décideurs, on ne voit pas comment ce projet va aboutir dans les dix prochaines années sans ponctionner les collectivités territoriales et les contribuables », commente le Parti occitan, par la voix de Gérard Tautil. Pour le porte-parole, la décision tombée « de Paris », jugée « incohérente », soulève plusieurs interrogations : « Quid des engagements du Grenelle de l’Environnement ? » ; « Comment concilier la plaine du Var, espace remarquable, le PNR des Maures et le trajet d’une LGV ? » ; « Comment régler le goulot d’étranglement de Toulon, entre mer et montagne ? » ; « Quelles gares aéroports vont être créées » ; « Si ce trajet veut utiliser les voies existantes, ce ne sera jamais qu’un TER à grande vitesse, ce qui est suffisant pour l’usage que pourront en faire les Provençaux. Car la question des réseaux de proximité reste entière pour eux. Si, au contraire, c’est une voie en site propre, les conséquences humaines et environnementales seront très sensibles ». Et de prédire : « La mobilisation qui n’a jamais baissé va reprendre encore plus d’élan ». Alain Bolla, secrétaire départemental du Parti communiste français, fait lui aussi état des réserves qu’il nourrit à l’égard du dossier. « Le choix d’une LGV ne peut se concevoir sans un développement important de TER répondant aux besoins des salariés et des populations en matière de transports. Ce maillage est indispensable pour permettre de désengorger les trafics, de privilégier le transport collectif public, de s’engager dans la voie d’un développement durable et harmonieux sur tout le territoire », déclare-t-il. Pour lui, « le choix de la droite, du tracé des Métropoles ne s’inscrit pas dans cette démarche, il est très coûteux et répond prioritairement au développement côtier déjà saturé. C’est la construction de l’Europe des régions qui a guidé ce choix politique. Il va impacter notre département pour des décennies, sans répondre aux enjeux de développement social, économique et écologique pour le Var ».
A.M.

 

http://www.lamarseillaise.fr/var/la-lgv-repart-aupr-s-de-ses-ch-res-tudes.html
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Tag(s) : #Economie
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