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LGV : les métropoles à grande vitesse !

Article paru dans La Marseillaise du mardi 30  juin 2009 



Sur les rails. Le ministre de l’Ecologie Jean-Louis Borloo a tranché hier en faveur du tracé dit des métropoles : la ligne passera par Marseille, Toulon et Nice. Un retour à la case départ ?

 


La ligne à grande vitesse PACA passera donc par Aix, Marseille, Toulon et Nice. Le ministre de l’Ecologie Jean-Louis Borloo a tranché hier, soit un jour avant la date butoir, en faveur du tracé des métropoles qui devra être lancé « avant 2020 ». En revanche, aucun autre échéancier n’a été établi. Même si plus personne ne croyait sérieusement à cette piste – d’autant que tout et son contraire a été déclaré sur ce dossier –, quelques fuites ont pourtant été savamment organisées ces derniers jours, notamment par le préfet de région, en ce sens. La diffusion hier après-midi d’un communiqué sur le site du ministère a dissipé les derniers doutes. Le tracé longeant l’A8, qui a tenu la corde pendant longtemps malgré une très forte opposition dans les Bouches-du-Rhône et le Var, a donc été écarté au profit du plus onéreux… Pour le plus grand bonheur des barons sudistes de l’UMP ? Ainsi, le ministère a envoyé un courrier aux élus de la région. « Sur la base du rapport qui vient de leur être remis* (..) Jean-Louis Borloo et Dominique Bussereau [respectivement ministre de l'Ecologie et secrétaire d'Etat aux Transports, ndlr] » leur fait part aux que « le scénario Métropoles du Sud desservant les agglomérations d'Aix-en-Provence, Marseille, Toulon et Nice est le mieux adapté ». « Il fait l'objet de l'accord des parties prenantes » et doit en conséquence « être retenu », ajoutent-ils. Nous voici donc revenu à l’idée de départ, avec un détail important tout de même : « Le tracé empruntera les lignes ou emprises existantes ». A défaut, « les solutions d’enfouissement seront massivement privilégiées ». Les réactions n’ont pas été longues à tomber. Satisfaction dans les Bouches-du-Rhône et les Alpes-Maritimes. Dans le Var, Horace Lanfranchi, président (UMP) du Conseil général, déclare « être particulièrement satisfait », estimant que « l'intérêt économique de notre région sera préservé ». D’autant plus satisfait qu’il était contre le tracé de l’A8... Même écho du côté d’Hubert Falco. Du côté des anti-LGV, on ne décolère pas : « Aujourd’hui, le rapport Cousquer chiffre le projet des métropoles à 20,4 ou 20,8 milliards d’euros, et Réseau ferré de France n’en financera que 15%. C’est du délire complet, sans parler des nuisances. Nous sommes en colère contre cette décision. Il va falloir que M. Falco explique maintenant aux Toulonnais comment il va faire cette LGV et avec quel argent ! », dénonce Olivier Lesage de l’association Stop TGV Coudon. Pour Catherine Richard, responsable du collectif Non à la LGV, « cette décision est absurde ». « Comment voulez-vous faire ce tracé alors que la plaine des Maures vient d’être classée réserve naturelle nationale ? On n’est pas à l’abri d’un revirement de position », explique-t-elle avec beaucoup de scepticisme. « Mais nous ne baisserons pas les bras : les manifs et les actions vont reprendre », conclut-elle.


G. DE SAINT VULFRAN

 

* Le rapport Cousquer du nom du médiateur qui avait été nommé le 11 février dernier pour démêler les fils d’un dossier qui suscite


« Le scénario le plus onéreux  et le plus impactant sur l’environnement »

Réaction La décision tombée hier ne relève pas de la surprise dans les rangs de l’association TGV Développement Var Nice Côte d’Azur. Quelques heures avant l’annonce, son président, pressentant l’option retenue par Jean-Louis Borloo, confiait en effet : « Notre seule satisfaction est de voir que ce projet que nous défendons depuis de nombreuses années soit mis sur les rails. Mais le choix du scénario des métropoles nous inquiète fortement. Compte tenu des difficultés techniques et financières qui seront rencontrées, il y a de fortes chances qu’il nous amène directement dans une impasse dont la seule issue sera l’abandon du projet ». Particulièrement active tout au long de ces dernières années, l’association avait pour sa part mené bataille en faveur du tracé Côte d’Azur, qu’elle jugeait « le plus réaliste et le plus raisonnable ». Elle estime ainsi : « Quand on lit le rapport Cousquer, on voit vite que sa mission a été une instruction à charge du tracé Côte d’Azur et qu’il fallait surtout satisfaire les hommes politiques influents de la région, quel qu’en soit le prix ». S’il déplore que le choix se soit porté sur « le scénario le plus onéreux et le plus impactant sur le plan environnemental », Alain Patouillard indique en revanche que l’association n’y fera pas obstacle. « Nous disons : chiche ! ». « Nous avons été les premiers à demander un débat public, nous serons les premiers à agir pour que ce projet se réalise rapidement et nous ne serons pas les derniers à réclamer aux promoteurs de ce scénario de mettre en place les moyens de leurs ambitions », conclut-il.

A.M.

 


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Tag(s) : #Economie
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