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La feuille de route de Sarkozy II


Article paru dans La Marseillaise du mardi 23 juin 2009  



Pour la première fois depuis le début de la IIIème République, un président de la République s’est adressé directement aux Parlementaires mais sans participer au débat.(Photo DR)
Pour la première fois depuis le début de la IIIème République, un président de la République s’est adressé directement aux Parlementaires mais sans participer au débat.(Photo DR)
Retraite ; emprunt mais aussi réduction des dépenses publiques et du nombre de fonctionnaires ; réaménagement de la carte et des compétences territoriales : Sarkozy II prolonge Sarkozy I. 

 


Retraites : le relèvement de l’âge de départ dans les tuyaux

Le dossier retraite est symbolique de la méthode de Sarkozy II. Un préliminaire pour souligner l’étendue du problème. Des généralités bienveillantes. Mais surtout des pistes de travail qui ne manqueront pas d’inquiéter les organisations syndicales. Il a annoncé que serait ouvert le chantier d'une grande réforme des retraites pour "la mi-2010", promettant que toutes les options seront "sur la table". Et donc, celle qui a déjà été évoquée par le Premier ministre et la direction du Medef : le relèvement de l'âge de départ, aujourd'hui fixé à 60 ans.
Le ministre du Travail Brice Hortefeux avait ouvert le bal en citant le report de l'âge de départ comme une des "pistes généralement présentées". François Fillon avait ensuite affirmé que ce n'était "pas une question taboue". Pour le Medef, "la mesure de l'âge est la plus intéressante financièrement".
Le président de la République s’est encore attaqué à des éléments non négligeables de la protection sociale. Prétextant la lutte contre « les niches sociales qui font perdre à la Sécurité sociale des recettes dont elle a tant besoin", il souhaite remettre en cause des acquis obtenus par les salariés dans certaines entreprises : épargne salariale, indemnités de licenciement, chèques vacances...


Emprunt national et réduction des dépenses sociales


Nicolas Sarkozy, qui annonce refuser toute "politique de rigueur" - alors qu’elle est déjà mise en place - ou hausse des impôts, veut lancer un emprunt national. "Je ne ferai pas la politique de la rigueur parce que la politique de rigueur a toujours échoué. Je n'augmenterai pas les impôts car cela retarderait longtemps la sortie de crise ", a-t-il expliqué.
L’emprunt national d'un montant encore indéterminé, sera lancé "soit auprès des Français soit auprès des marchés financiers", pour financer les "priorités stratégiques" de la France. Nicolas Sarkozy va "jouer la montre pour reporter les décisions douloureuses au lendemain de l'élection présidentielle de 2012", a jugé Didier Migaud, président (PS) de la commission des Finances de l'Assemblée.
Le "déficit de crise" devra être résorbé "après la crise en lui consacrant l'intégralité des recettes de croissance", a dit Nicolas Sarkozy, sans apporter de détails sur cet objectif.
Evoquant en revanche le "mauvais déficit", Nicolas Sarkozy a expliqué qu’il "doit être ramené à zéro par des réformes courageuses". Là encore, aucun détail mais une grosse menace pour les dépenses sociales de l’Etat, déjà réduites lors de chaque exercice budgétaire depuis qu’il est à l’Elysée. Remarquons, d’ailleurs, qu’il n’ a pas annoncé de remise en cause du paquet fiscal. Ces orientations épousent fidèlement le périmètre du prochain budget qui sera marquéee par la suppression de 34.000 postes de fonctionnaires en 2010.


La réforme territoriale, une autre manière de défaire le modèle français


La question peut paraître technique et réservée à des initiés. Elle est pourtant majeure, concernant l’organisation de la démocratie dans les territoires. Nicolas Sarkozy a affiché à Versailles sa volonté de mener la réforme territoriale, en annonçant une réduction du nombre d'élus régionaux et départementaux et une clarification des compétences dans le "millefeuille" français. "Nous ne nous déroberons pas devant la réduction du nombre des élus régionaux et départementaux", a-t-il lancé. Ce qui suppose une réforme des modes de scrutin cantonal et régional. A droite, la tentation est grande de saisir cette occasion pour opérer à grande échelle un redécoupage des structures territoriales au bénéfice des amis du Président.
"Nous ne nous déroberons pas devant le problème de la répartition des compétences", a-t-il ajouté sans entrer dans le détail de cette réorganisation du rôle attribué aux communes, intercommunalités, département et régions. Alors que s’approchent les élections régionales, cette accélération de la réforme, au contenu ébauché par la Commission Balladur, risque de restreindre les espaces de démocratie locales. C’est ce que confirme l’UMP Dominique Perben, annoncé comme nouvel entrant au prochain gouvernement, qui indique : "Le président a fixé le cap, à nous de tout mettre en oeuvre pour réussir cette réforme ambitieuse attendue par nos concitoyens".


 Voile intégral : un débat parlementaire sans parler de loi


Nicolas Sarkozy a affirmé son hostilité au port du voile intégral en France encourageant un débat parlementaire sur cette pratique très marginale, sans toutefois se prononcer sur l'opportunité d'une loi. "Je veux le dire solennellement", la burqa "ne sera pas la bienvenue" en France, a-t-il dit. "Nous ne pouvons pas accepter dans notre pays des femmes prisonnières derrière un grillage, coupées de toute vie sociale, privées de toute identitié. Ce n'est pas l'idée que nous nous faisons de la dignité de la femme", a-t-il insisté.
"Il faut qu'il y ait un débat et que tous les points de vue s'expriment", a-t-il ajouté, en saluant explicitement l'initiative du député du Rhône André Gérin, qui a demandé une commission d'enquête parlementaire sur le port de la burqa ou du niqab.


Loi Hadopi : « jusqu'au bout »


Nicolas Sarkozy a affirmé qu'il "irait jusqu'au bout" dans la loi Hadopi sur le téléchargement illégal, malgré la censure partielle du Conseil constitutionnel. "Il n'y pas de liberté sans règles (...) Comment peut-on accepter que les règles qui s'imposent à toute la société ne s'imposent pas sur Internet ?", a déclaré le chef de l'Etat.  Le Conseil constitutionnel a supprimé la faculté de sanctionner les "piratages" confiée à une autorité administrative par la loi dite Hadopi, considérant que l'accès à internet faisait désormais partie du droit d'expression et de communication garanti par la Déclarations des droits de l'homme et du citoyen de 1789.

Décryptage
Christian Digne



Retrouvez l'intégralité du discours en vidéo :

http://www.lamarseillaise.fr/le-fait-du-jour/la-feuille-de-route-de-sarkozy-ii.html
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Tag(s) : #Politique
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