Michelin met ses effectifs à plat !
« Le PDG Michel Rollier nous avait pourtant promis qu’il n’y aurait pas de fermeture de site cette année ! » s’insurge Jérôme Lorton, secrétaire SUD du comité d’entreprise
européen. Après les Continental et les Goodyear, les Michelin passent à la casse. Hier, la direction a officialisé son « plan d’adaptation des effectifs », qui comporte deux volets et
une fermeture de site. Premier volet : un « plan de réorganisation sans aucun licenciement », qui prévoit la suppression de 1 093 postes. Deuxième volet : un plan de 1 800
« départs volontaires », étalé sur trois ans. Mais le coup de tonnerre, hier, c’était l’annonce de la fermeture de la Sodemeca (276 postes), à Noyelles-lès-Seclin (Nord). Un débrayage
spontané a eu lieu dans cette usine près de Lille. « La direction leur propose des postes à Clermont-Ferrand. Très peu iront s’installer là-bas. Ce sont des licenciements futurs »,
déplore Michel Chevalier, délégué central CGT chez Michelin. La première secrétaire du PS et présidente de la communauté urbaine de Lille, Martine Aubry, s’est dite « en colère »
devant le « vrai scandale » que constitue la fermeture de la Sodemeca.
Michelin joue sur deux tableaux
D’un côté, il promet embauches et investissements. De l’autre, il réduit les effectifs. L’usine de Montceau-les-Mines (Saône-et-Loire), qui bénéficiera d’un investissement de 50 millions
d’euros, deviendra un des deux plus grands centres européens de mélange de gomme. Mais le site perdra 477 emplois, à cause de l’arrêt de la fabrication de pneus de tourisme. L’usine de
Joué-lès-Tours (Indre-et-Loire) sera spécialisée dans les pneus pour poids lourd. Michelin y investira 15 millions d’euros supplémentaires. Ce qui n’empêchera pas l’usine de perdre 340
emplois.
Par ailleurs, le groupe, qui a engrangé 357 millions de bénéfices pour 2008, annonce un investissement de
« plus de 100 millions » dans son centre de recherche de Clermont-Ferrand, afin « d’accélérer la mise sur le marché de nouveaux pneumatiques et de permettre le développement de
procédés de fabrication plus innovants ». L’embauche de 500 personnes par an, sur trois ans, est également prévue, sachant qu’environ un départ sur deux à la retraite n’est pas
remplacé.
Michelin met tout sur la table
Michelin, numéro un mondial dont les restructurations massives et brutales ont marqué les esprits cette dernière décennie, la joue fine cette fois-ci. Manière sans doute d’éviter un embrasement
comme chez Continental et Goodyear. Ainsi, même le secrétaire d’État à l’Emploi, Laurent Wauquiez, s’est voulu rassurant : « Michelin met tout sur la table pour que ça se passe le
mieux possible et on va travailler tout de suite pour être sur le pont et éviter que qui que ce soit reste au bord de la route. »
Mehdi Fikri
/image%2F0551212%2F20170620%2Fob_74cedc_bandeau-pcf.jpg)