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Société - Article paru le 5 juin 2009 dans l'Humanité


Toulouse : un logement à 20 euros pour les SDF ?

SDF . La mairie de Toulouse innove en proposant des solutions de logement à une vingtaine de sans-abri. En tenant compte de leur parcours et de leur volonté.


Relevant de la compétence de l’État, le logement des exclus serait-il en train d’être peu à peu pris en charge par les communes ? Vendredi dernier, le conseil municipal de Toulouse (Haute-Garonne) a voté à l’unanimité l’attribution de logements, pour 20 euros par an, à une vingtaine de sans-abri qui campaient le long du canal du Midi. Pour l’heure, sept appartements et une villa ont été mis à leur disposition. « Il s’agit d’une expérience particulière. Il fallait mettre un terme au campement sauvage, car il était insalubre et dangereux. En discutant avec elles, nous avons compris que ces personnes avaient plutôt un profil de squatteurs. L’idée a donc été de les loger dans des immeubles appartenant à la ville et destinés à la démolition dans le cadre du plan de rénovation urbaine d’ici un ou deux ans », explique Claude Touchefeu, chargée de la politique de la ville, de la prévention et de l’exclusion. Ces immeubles, murés pour certains, ont été remis aux normes de sécurité.

L’autre idée intéressante réside dans la volonté de sortir des « villages d’exclus », qui tendent à regrouper les anciens sans-abri dans une seule et même zone. Les logements sont donc répartis sur trois quartiers. Les contrats de location engagent la ville et les occupants. Le but étant de leur permettre de se réinsérer et de trouver un logement autonome à terme avec l’appui d’associations. Le maire (PS) Pierre Cohen expliquait que la somme de 20 euros constituait « une somme symbolique mais qui concrétise un contrat moral entre la ville et la personne ». « L’idée, c’est de faire comprendre qu’il faut donner quelque chose pour avoir quelque chose. » Le locataire s’acquittera également des charges relatives à l’eau, l’électricité et au gaz, sur la base d’un forfait mensuel. C’est d’ailleurs cette idée d’une « contrepartie symbolique » qui a fait pencher l’opposition de droite en faveur du texte. Cette dernière regrettant néanmoins que le contrat ne mentionne pas l’obligation de chercher un emploi.


S’adapter aux situations difficiles


La ville, qui dénombre 400 sans-abri, regarde néanmoins la mesure avec « beaucoup d’humilité », comme l’explique Pierre Cohen, rappelant que ce dispositif ne concerne, pour l’heure, qu’une vingtaine de personnes. « Cette opération nous semble intéressante car elle touche des personnes hors circuit, parfois avec des chiens, qui ne trouvaient pas de places dans les centres d’hébergement et qui n’étaient néanmoins pas prêtes à disposer de leur propre logement », analyse Claude Touchefeu. La ville dispose, en outre, d’un volant d’immeubles utilisables à des fins de réinsertion. « À l’avenir, d’autres projets pourront naître sous des formes différentes, puisque l’idée est de s’adapter aux situations et de monter un contrat avec les personnes concernées. »

Lina Sankari

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Tag(s) : #Logement
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