Réforme du lycée : "s'adapter au monde globalisé", selon Descoings
L’ex-chargé de mission auprès du cabinet de Jack Lang, alors ministre de l’Education et de la Culture, a rendu son rapport de "préconisation sur la réforme des lycées" au Président de la République, Nicolas Sarkozy. Ses conclusions mettent en exergue, après plusieurs mois de consultation auprès des élèves, des enseignants et des partenaires sociaux, la nécessité de "corriger ce qui ne va pas" tout en "préservant ce qui va bien." Son tour de France, orchestré comme une mission d’écoute des partenaires sociaux et des personnels de l’enseignement secondaire l’a mené dans 80 lycées de 76 départements différents.
Son objectif : reprendre à zéro la réforme engagée par Xavier Darcos en avril 2008, ministre de l’Education
Nationale, abandonnée par peur de contagion du conflit entamé par "la génération 600 euros" en Grèce. Le motif : mettre au service du pouvoir un homme de gauche, au
réseau fourni dans l’Education Nationale, afin de faire passer la pilule des restrictions budgétaires plus facilement. Richard Descoings, en VRP de la République, s’y attela d’arrache-pied dès
le 12 janvier 2009. Avec son bilan de directeur de Sciences-Po et sa fine expérience du terrain comme meilleurs alibis, complétés par l’appui d’un service web 2.0 digne de Ségolène Royal. La
démocratie participative en action.
Le thème
central du rapport reste l’orientation. Sujet d’inquiétude principal, il est partagé et
par les jeunes lycéens et par leurs parents. Cette polémique dégonflée, Descoings pense ainsi mieux assurer le passage des élèves vers l’enseignement supérieur, restaurer les passerelles entre
la voie technologique et la voie générale, et enfin ; rééquilibrer les différentes filières du lycée pour ne pas préserver la dichotomie existante aujourd’hui entre une filière unique
d’excellence, la section "scientifique", et une filière poubelle, la section "littéraire." Quand à la filière "économique et
sociale", elle serait parfaite, équilibrée, intouchable. La filière S, réservée aux élèves obtenant les meilleurs résultats est un leurre, car si la France a besoin d’ingénieurs, seul un
élève sur deux poursuit des études scientifiques. A l’inverse, la section L, garante autrefois des Humanités célébrée comme telle, est aujourd’hui déconsidérée : seuls 17% des élèves
choisissent cette voie, à défaut d’être accepté dans une autre section, parfois. Il est question d’équilibrer les filières.
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