
mercredi 27 mai 2009 / "le Patriote"
Ce sont les deux raisons du vote Front de gauche le 7 juin, unies dans la volonté de s’émanciper des ravages d’une
contre révolution autoritaire et ultra libérale.
Ne pas payer leur crise
Crise économique, sociale, financière, écologique, alimentaire, tout est pris dans une tourmente dévastatrice où la recherche de rentabilité saccage les vies individuelles comme toute forme
d’organisation sociale collective. Où toutes les résistances doivent être brisées. Chaque jour en apporte des démonstrations, des méfaits de la déréglementation dans l’énergie ou les
transports routiers et ferroviaires, aux charrettes de licenciements ou la nocivité de « l’agrobusiness ».
L’Union Européenne aurait la dimension pour juguler les gâchis du capital et aider à l’émergence de choix politiques pour l’emploi, la justice sociale, l’égalité, la solidarité, l’écologie, sur le continent et avec le reste du monde. Mais ni ses traités, ni ses institutions, ni ses politiques ne sont conçues pour cela. Voilà pourquoi il faut « changer d’Europe ».
A l’inverse, depuis 1986, avec la mise en place du « marché unique », c’est « l’exercice de
dérégulation le plus poussée de l’histoire récente de l’Europe » (1) que les peuples subissent. La crise de confiance entre les peuples et la construction européenne vient de là. Les
« Non » français ou irlandais l’ont exprimé. En même temps, il y a la reconnaissance d’un « besoin d’Europe » pour faire face aux défis de notre temps. A commencer par les
défis écologiques ou celui de la mise en place d’un véritable « bouclier social » face au capital.
S’émanciper des impasses
L’UMP et Sarkozy prennent en compte ce double ressenti dans le mot d’ordre d’une « Europe qui protège ». Rappelons nous que Sarkozy ira dans son discours de Toulon en septembre 2008
jusqu’à proclamer « le laissez faire c’est fini », « le marché qui a toujours raison, c’est fini », et énonçant : « l’idée de la toute puissance du marché était
une idée folle ». Sauf que sa politique en France comme le Traité de Lisbonne en Europe contiennent toutes ces « folies » ! A commencer par la libre circulation des
capitaux. Ils ne « protègent » que le capital et le seul « bouclier » qu’ils mettent en place, c’est le « bouclier fiscal » pour les plus
fortunés !
Le PS et les Verts eux invoquent une « Europe sociale » ou « écologique » pour demain tout en
approuvant un Traité de Lisbonne qui l’exclue ou l’empêche. Le NPA, si sa dénonciation du capitalisme est positive, privilégie un autre choix que celui de la mise en mouvement des
convergences, pourtant réelles, pour une autre Europe.
Changer en Europe
Seul le Front de gauche porte une démarche unitaire et vivante, alliant le combat plus que jamais actuel du « Non de gauche » du 29 mai 2005 et les exigences du monde du travail
face aux politiques libérales en France et en Europe.
Il porte un message de résistance et de propositions pour une transformation sociale européenne du 21ème siècle. En y travaillant au présent comme l’a montré l’action du groupe de la GUE, présidé par Francis Wurtz au Parlement Européen. En unité avec les forces de transformation sociale des autres pays, politiques comme syndicales ou associatives. Dans un processus à la fois de luttes sociales et politiques, dans l’entreprise, la rue comme dans les institutions. Jusque dans la perspective d’un nouveau traité fondateur de l’Union Européenne.
En France, il porte un message de reconstruction de réponses politiques à gauche. D’une démarche pour aller vers un réel front populaire, sur les contenus les plus ambitieux, alliant mouvement social et indispensables réponses politiques. C’est cette ouverture pour une véritable alternative unitaire et majoritaire à gauche qui explique une réelle dynamique.
Toute l’actualité de ces derniers mois a montré le besoin « d’un
processus politique porteur d’espoir pour tous ceux qui commencent déjà à se révolter mais qui n’ont pas de débouché politique pour leur révolte ». (2) L’utilité du Front de gauche est
là.
Jean Paul Duparc
(1) selon le commissaire européen Mc Creevy chargé du marché unique (2) Yvon Quiniou, philosophe
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