Les personnes âgées oubliées des pouvoirs publics !
À l’occasion du salon Geront Expo Handicap qui se tient actuellement porte de Versailles à Paris, les retraités, leurs familles ainsi que les organisations représentatives d’hébergements des
personnes âgées (hôpitaux, maisons de retraites, etc.) ont fermement dénoncé le sous-financement du secteur. « Des inquiétudes fortes pèsent alors que les moyens vont baisser par le biais
de mécanismes budgétaires », a d’emblée résumé Gérard Vincent, délégué général de la Fédération hospitalière de France (FHF).
« Il serait temps que les pouvoirs publics étudient les besoins des personnes âgées avant d’allouer les budgets », a déclaré Joëlle Le Gall, de la FNAPAEF (association de personnes âgées). Le coût moyen d’une maison de retraite avoisine les 1 700 euros, sachant que depuis 2000, les tarifs augmentent de 5 % par an alors que le montant moyen de la retraite est de 1 100 euros.
Une réalité dont ont bien conscience les directeurs d’établissement. Président de l’AD-PA, Pascal Champvert s’inquiète particulièrement de la circulaire ministérielle établissant la « convergence tarifaire », qui va se traduire « pour 90 % des établissements par une baisse de moyens et des effectifs inacceptables ». « Les établissements les mieux lotis actuellement affichent un ratio de 0,6 personnel pour un résident. Cela représente une aide-soignante pour 12 personnes âgées et quinze minutes par toilette. Et on va rogner sur ça ? » s’insurge Claude Jarry de la FNADEPA, évoquant « les conditions de travail épouvantables » des personnels, à l’origine d’un réel problème d’attractivité de la profession. Et de rappeler que « la première cause de maltraitance, c’est le manque structurel de personnel ».
Didier Sapy (FNAQPA), lui, pointe des mesures « en totale contradiction avec les discours » tandis
qu’Alain Villez, de l’UNIOPSS (union des organismes privés sanitaires et sociaux), parle de « paradoxe ». « Alors qu’on dit qu’il faut s’attaquer au reste à charge des patients,
la convergence va alourdir les tarifs d’hébergement. « Il y a urgence à créer un 5e risque (, protection sociale qui couvre la dépendance - NDLR) qui repose sur la solidarité nationale
sans condition de ressource », conclut Michelle Dange, de la Mutualité - française.
Alexandra Chaignon
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