Overblog Tous les blogs Top blogs Politique Tous les blogs Politique
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
MENU
Publicité

Article paru le 28 mai 2009 dans l'Humanité !

 

L’alternative au capitalisme en débat !


Assemblée . Trois propositions de loi des députés PCF et du Parti de gauche sont examinées aujourd’hui. Le débat aura lieu sous l’oeil de délégations d’entreprises en lutte.





La place Édouard-Herriot jouxtant le Palais-Bourbon devrait aujourd’hui se hérisser de drapeaux d’entreprises en lutte. Des délégations de salariés, à l’instar des Caterpillar, venus de l’Isère, sont en effet attendues, pour soutenir les propositions de loi des députés communistes et du Parti de gauche. Trois textes seront examinés au même moment en séance publique de l’Assemblée nationale, dans le cadre d’une « niche » - séance réservée à l’initiative des groupes politiques - du groupe de la Gauche démocrate et républicaine .


L’UMP oppose « le contexte de concurrence »


Avant même d’avoir lieu, le débat, parce qu’il pose des questions de fond sur la nature de la crise, ses causes, et les alternatives pour en sortir, promet des morceaux de bravoure. L’examen des propositions en commission, que la majorité de droite a rejetées sans surprise, a déjà donné lieu à d’intéressants échanges. Pour Marie-George Buffet, députée PCF de Seine-Saint-Denis, « il ne suffit pas de s’apitoyer sur les conséquences de la crise. Il faudrait également s’interroger sur ses causes : une part croissante des richesses produites est consacrée au versement des dividendes et à la spéculation financière au lieu d’aller à la recherche, à l’éducation et, surtout, à la rémunération des salariés, ce qui permettrait d’enclencher la relance par la consommation ».

Rapporteur du texte sur la justice sociale, Daniel Paul (PCF) a ainsi rappelé que « les salariés constituent plus que jamais la première variable d’ajustement du capitalisme financier. Des 75 milliards d’euros de profits réalisés par les entreprises du CAC 40 en 2008, près de 34,9 milliards ont été redistribués aux actionnaires sous la forme de dividendes. Or, non contentes de multiplier les licenciements et les fermetures de sites, ces entreprises contraignent également leurs salariés au chômage partiel ». Un diagnostic sans appel, devant lequel la droite n’a pas bronché. « Je fais mienne une bonne partie du constat dressé », a concédé Dominique Dord (UMP). « En revanche, je comprends moins bien les solutions que vous proposez », a-t-il poursuivi, contestant notamment le rétablissement d’une autorisation administrative des licenciements, qui « paraît difficile dans le contexte actuel d’ouverture des économies et de concurrence mondiale ». Réplique impitoyable de Christian Eckert (PS) : « Devrions-nous, par exemple, nous aligner sur les pays qui autorisent le travail des enfants ou dont les patrons paient libéralement leurs salariés d’un bol de riz ? »


Faire la clarté sur les moyens politiques


Or c’est bien là que le bât blesse. L’UMP a vendu la mèche : les mesures PCF-PG sont effectivement en contradiction avec le principe d’une économie fondée sur le dogme de la « concurrence », sur lequel est fondé le traité de Lisbonne que les dirigeants européens, PS et UMP en tête, veulent à toute force faire entrer en vigueur. « Il faudra bien qu’à l’Assemblée nationale, le gouvernement nous explique qu’on ne peut pas appliquer ces propositions avec le traité de Lisbonne, à partir du moment où il ne prévoit aucune restriction à la liberté des capitaux », confie Marc Dolez (PG). « Ces propositions attaquent le système à la racine, et c’est cela qui gêne à droite comme à gauche », poursuit-il, en regrettant l’absence d’alternative majoritaire à gauche parce que « l’orientation du PS et des Verts, c’est la ligne d’accompagnement du libéralisme ».

« Dans la question d’une autre répartition des richesses en faveur du travail, le volet européen compte énormément, commente de son côté Roland Muzeau, porte-parole des députés communistes. Il n’est qu’à constater que les arguments avancés par l’UMP pour justifier une exploitation accrue des travailleurs (dans la loi sur le portage des salariés - NDLR) sont les mêmes que ceux de Berlusconi en Italie et des travaillistes anglais ou espagnols, et dont le président de la Commission européenne, Manuel Barroson, fait la synthèse… »

Bref, pour les députés PCF-PG, le vote de cet après-midi n’est pas étranger aux enjeux du 7 juin. Même si elles ne sont pas adoptées, le débat sur ces propositions de loi devrait contribuer à « faire la clarté sur les moyens politiques pour sortir de la crise », se félicitent-ils, ce qui serait déjà un grand pas franchi dans une campagne officielle trop atone.

Sébastien Crépel

Publicité
Tag(s) : #Politique
Partager cet article
Repost0
Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :