"Le Front de Gauche peut créer la
surprise" !
Article paru dans La Marseillaise du mardi 19 mai
2009
L'ancienne députée européenne communiste et vice présidente de ce Parlement de 1979 à 1984, livre ses analyses
sur la campagne en cours et explique notemment en quoi les questions sociales sont au coeur de l'Europen.
On a
le sentiment que cette campagne pour les européennes ne passionne pas. Comment l'expliquez-vous ?
C'est un ensemble de choses. Je crois que la plupart des citoyens ont une opinion négative de l'Europe. La preuve, le 'NON" de gauche a triomphé en 2005. Or, l'enjeu du 7 juin est complexe car il
semble éloigné de leur vie quotidienne. Il faut donc aider à la prise de conscience. Les derniers sondages annoncent une victoire de l' UMP et des droites européennes. Pour les milliers d'hommes
et de femmes qui se sont mobilisés au cours du 1er semestre, la question c'est comment on prolonge les luttes et comment on relaie le NON de gauche de 2005 le 7 juin 2009 ?
Comment y parvenir
?
C'est là qu'intervient le contenu des choix. Il peut y avoir une surprise du Front de Gauche car des milliers d'hommes et de femmes veulent de la radicialité dans les choix. Or, la vraie question
c'est : qui dénonce aujourd'hui le mouvement des capitaux ? Qui rend claire l'utilisation de l'argent pour une autre vie ? Qui explique que la vie économique peut impliquer la guerre dans
un moment où le France réintègre l'OTAN et son commandement ?...
72% des français sont en accord complet avec les manifestations des 29 janvier, 19 mars et du 1er mai pour dire qu'il ya un trop plein de capitalisme et de libéralisme. Ils refusent les lois
du marché. Il y a là le potentiel du Front de Gauche qui fait le lien entre ces luttes sociales et la perspective politique. Il faut aider les gens à aller au bout de leur soif de
changement sur une vraie radicalité.
Comment faire comprendre aux citoyens que les réalités quotidiennes qu'ils subissent ont un lien direct avec
l'Europe ?
Les questions sociales sont au coeur du 7 juin 2009 et au coeur de l'Europe.
Chez nous, dans le Var, on a actuellement des luttes pour défendre les hôpitaux publics avec des comités à Hyères et à La Seyne, avec le débat sur la loi Bachelot. Le 7 juin, il s'agit
ainsi de faire le lien avec les dérégelemtations européennes : cela correspond à des directives européennes qui disent réduire les dépenses publiques.
Et ce qui est vrai pour la santé l'est aussi pour les politiques industrielles avec
l'impossibilité d'avoir une politique indépendante si on n'est pas conforme au marché ouvert, avec une concurrence libre et non faussée notion qui est au coeur du traité de Lisbonne et
du TCE et qui conduit à l'éclatement total du droit des hommes.
Quelle est la légitimité du Front de Gauche pour offrir au mouvement social cette perspective politique ?
Au sein du Front de Gauche, on a des candidats communistes, et parmi eux des gens au coeur des luttes sociales, comme Alain Bolla, qui représente ce mouvement social, cette soif de changement. Il
faut que le niveau de soutien aux idées du Front de Gauche donne au niveau européen la place à des hommes et des femmes comme ça. Et il nous faut des députés communistes au Parlement
européen parce qu'il y a dans les actes un apport singulier de ces députés. On a oublié la directive Bolkestein, qui voulait généraliser la durée du travail à 65h00 par semaine. Les
députés communistes ont été les premiers à s'y opposer : c'est ça qui a motivé le vote du Front de Gauche. Les candidats communistes proposent d'harmmoniser par le haut les législations
sociales, estimant que les plus avancées doivent servir à l'ensemble des pays européens.Il n'y a rien de plus moderne.
Les députés communistes qui appartiennent au groupe de la GUE ( Gauche Unie Eropéenne ) font le lien avec le mouvement féministe, avec un environnement de qualité, puisqu'on
agit sur la question de l'eau. Ils se sont élevés contre l'utilisation des produits chimiques et ont défendu l'agriculture car s'est une question de sécurité alimentaire. Seul le
groupe communiste peut se prévaloir de cette opposition totale au libéralisme dans les actes.
On a le sentiment que
l'UMP et le PS fuient cette campagne.
Il veulent une campagne courte car les choix libéraux, ils n'ont pas envie d'en parler. Les socialistes ont laisser voter le traité de Lisbonne, il est la suite du
traité de constitution européenne.
Le Front de Gauche est en revanche le relais d'une volonté de majoritaire d'un peuple de gauche qui a voté NON au référendum en 2005 en se prononçant contre un projet de constitution
libérale.
Quel regret d'ailleurs de voir cette gauche solitaire, le NPA s'engager dans des choix boutiquiers.....
Christian Piquet, de la Gauche Unitaire estime qu'il est " dramatique de s'isoler à ce point et de ne pas donner toutes ses chances au Front de Gauche." Et alors, quelque part, on laisse
passer des voix à droite et au PS et après on assume.
Le Front de Gauche est un rassemblement pluraliste, avec des identités, qui prolonge la grande bataille sociale avec une dynamique unitaire autour de cette idée majeure qu'à l'unité du
front syndical il faut répondre par l'unité du front politique.
Si on s'abstient, on laisse la porte ouverte au PS et à la droite : on les laisse dormir sur les ravages de la crise. Alors, il faut les affronter, et cet afforntement est salutaire.
Propos recueillis par Serge Payrau
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