Quel avenir pour les services publics de nos territoires ?

Les territoires sont fragilisés par une accumulation de fermetures et de retrait des services publics. Ces réformes touchent chaque citoyen dans sa vie quotidienne et remettent en cause l’idée de services publics accessibles pour tous, elles sont conduites sans concertation avec les usagers et les élus locaux chargés d’aménager les territoires.
La région PACA a organisé les Etats généraux à Monteux le 2 février 2009 pour permettre à chacun de s’exprimer sur le rôle des services publics. Depuis, l’Assemblée nationale a adopté le 18 mars dernier le projet de loi présenté par le gouvernement sur la réforme de l’hôpital qui instaure une médecine à deux vitesses, en ouvrant les établissements de santé, publics ou privés, la possibilité d’assurer tout ou partie des missions de service public. Il s’inscrit dans une logique générale de tarification à l’acte qui met en exergue la rentabilité au détriment de la qualité des soins. Son application aggraverait la fracture sanitaire et accentuerait les inégalités dans l’accès de tous, aux soins et sur tout le territoire.
C’est à l’échelon régional, que doivent se définir les besoins des populations et le déploiement de l’offre de soins correspondant, de façon à procéder à un aménagement équilibré et responsable du territoire sanitaire.
Joël Canapa, vice-président de la Région, s'est rendu recemment au Centre hospitalier Jean-Marcel de Brignoles, précisant que « la réforme de l’Etat s’enferme dans une logique comptable restrictive. Le déficit généralisé a été organisé par la droite pour remodeler le système dans son ensemble, et lui appliquer les règles du libéralisme. La loi Bachelot sacralise la logique financière. La région s’est prononcée contre cette loi ".
« Tout a été fait pour rendre les hôpitaux déficitaires. L'an dernier, l'hôpital de Brignoles a perdu deux millions d'euros. Une rallonge budgétaire allouée par l'Agence régionale hospitalière a permis de boucler l'année » . Pourtant l’hôpital est « bien géré », explique Claude Gilardo, maire de la ville et président du conseil d'administration de l'hôpital. Joël Canapa précise « le constat c’est que 90% des hôpitaux sont en déficit suite à l’application de la nouvelle tarification. Il faut rappeler que les hôpitaux publics accueillent tous les malades quand les cliniques privées choisissent leurs patients. On ne peut pas gérer les hôpitaux comme une entreprise ».
Pour une véritable santé de proximité
Contre les options comptables proposées par le Gouvernement, il est temps de déterminer une réforme d’ambition pour notre service public de santé. Il importe de lutter contre les déserts médicaux, notamment en développant la rémunération au forfait, de renforcer la santé publique et la prévention, et de repenser le pilotage du système territorial de santé.
La santé et de solidarité sont au cœur de notre système de soins et d’assurance maladie. Il garantit aux citoyens un niveau satisfaisant de protection de santé, la prise en charge collective et solidaire de leurs dépenses de soins. Joël Canapa concluant sur « la nécéssité de proposer des alternatives et mobiliser la population pour la défense du service public hospitalier.
Comment et où l’on prend l’argent ? par exemple « supprimer le bouclier fiscal et reverser les sommes aux hôpitaux ». Une bonne proposition pour éviter la marchandisation de la santé.
Laurent Carratala
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