Recompositions politiques à l’œuvre : Cantonale
partielle de Nice du 3 mai 2009 !
mercredi 6 mai
2009 / "le Patriote"
Avec un peu plus de 29% de participation, cette cantonale s’inscrit dans une participation moyenne pour ce type de
partielle. Surtout vu les conditions précipitées d’organisation. Si les résultats sont donc à prendre avec prudence, ils s’inscrivent cependant dans des évolutions décelables du paysage
politique niçois.
A droite
C’est à droite que les recompositions politiques sont les plus manifestes. Rappelons qu’en 2004, le FN arrivait en seconde position, alors qu’il n’avait même plus de candidat cette fois. Ce
sont les Identitaires qui tentent de prendre la place à l’extrême droite, mais avec une influence qui n’est pas comparable. Ainsi aux législatives de 2007 dans ce canton, le FN avait réalisé 7%
et les Identitaires 2,5%. Aux municipales de 2008, toujours dans ce canton, le FN avait réalisé 4,16% et les Identitaires 2,86%. A cette cantonale, les Identaires parviennent à 4,92%, sans
candidat FN.
Estrosi-Peyrat
L’UMP d’Estrosi-Ciotti pousse la recomposition de la droite, non seulement par absorption d’une partie de l’ancien électorat FN, mouvement amorcé nationalement par Sarkozy, mais également en
marginalisant le courant Peyrat. Ainsi aux municipales de 2008, dans ce canton la liste Peyrat obtenait 21,5% des voix, il n’en subsiste aujourd’hui que 6,33% autour du candidat Chauvet. Alors
que la liste Estrosi avait obtenu, dans ce canton toujours, 36,33% des voix en 2008, B.Kandel parvient en 2009 à 47,88% dès le premier tour.
La candidature Villardry (sans étiquette, « même si mon cœur penche plutôt à droite » comme il dit lui-même) avec 5,46% à cette cantonale, montre qu’à côté de l’UMP demeure dans cette ville de Nice une place pour des divers droite. L’ancien député Rivière, déjà marginalisé, avait encore rallié 10% des voix à la législative de 2007.
Au fil des scrutins une droite niçoise se recompose avec un fort bloc UMP, autour de 45%, et avec des autres
composantes de droite extrême et des divers droite d’autre part. Se tournent ainsi les pages de l’époque du FN influent et de la période Peyrat. Le ralliement de R.Salles à Estrosi avait déjà
marqué cela. Et cette évolution spécifiquement niçoise n’est pas sans incidence départementale. (1)
Front de gauche
On notera d’abord le résultat très honorable des candidats présentés sous l’égide du Front de Gauche, R.Injey (PCF) et R.Grac (PG). (titulaire et suppléante). Il n’y avait pas de candidat PCF à
la cantonale de 2004, suite aux accords passés avec le PS. Et en 2007, lors des législatives, R.Injey, comme candidat du PCF, avait rassemblé sur ce canton 214 voix et 3,18%. Lors de cette
cantonale, ce sont 215 voix qui sont réunies, soit 6%, avec 3000 suffrages exprimés de moins. Même si une campagne de proximité de qualité, et un positionnement politique liant combat social et
luttes politiques, a pu jouer pour une meilleure mobilisation de l’électorat communiste, ce résultat en voix traduit aussi que cette première pour le Front de Gauche correspond bien à un
besoin.
Besoin d’une gauche de combat et de responsabilité indissociablement. Une gauche de rassemblement assumant la
recherche, par des voies nouvelles, d’une véritable alternative à gauche face à la droite.
Le PS
Le résultat de la candidature socialiste est moyen. Il est inexact comme le prétend le candidat soutenu par P.Mottard de dire que « la gauche s’écroule » dans ce canton. Aux
cantonales de 2004, P.Allemand avait rassemblé 32% des voix, mais la configuration politique des candidatures n’était pas du tout la même. Au municipale en 2008, la liste « Changer
d’ère » (PS-PCF-Verts) sur ce canton avait réalisé 27,46%. Et la candidature socialiste à cette cantonale, a probablement souffert de l’absence d’accord avec les Verts, des retombées de la
division Allemand-Mottard intervenue aux municipales, et de la difficulté générale du PS à incarner nationalement une alternative.
Par ailleurs, la candidature Cheniti de la « Gauche Autrement » de P.Mottard, soutenue par le Modem, rassemble moins en pourcentage que les deux listes Mottard et Cael aux municipales
de 2008 sur ce canton : 4,61% au lieu de 6,25% au total. Les conséquences de la sécession Mottard continue d’avoir ainsi une capacité de nuisance, sans la possibilité d’incarner une
alternative. Elle est de ce fait dans une impasse de démarche. Ce qui se traduit d’ailleurs, à cette cantonale partielle, par l’incapacité d’appeler clairement à battre le candidat de l’UMP au
deuxième tour, dans un communiqué de la « Gauche Autrement » que même Nice Matin qualifiera d’ « abscons ».(2)
Enfin, la candidature de Nicea (Alternatifs-NPA) réalise 2%, résultat qualifié de « modeste mais encourageant » par son candidat Y.Guesnier. (3)
Au total, au niveau local comme au niveau national, c’est dans l’émergence du Front de Gauche qu’il pourrait arriver quelque chose de vraiment neuf à gauche. A la fois réellement ancré à gauche, et porteur de la volonté de reconstruire, à l’échelle de toute la gauche et à tous les niveaux de la société, une alternative majoritaire et populaire au capitalisme.
Au-delà de cette seule cantonale partielle et de la campagne des élections européennes, c’est une dimension qu’il convient de réfléchir pour d’autres échéances à venir.
Une analyse par bureau permet d’affiner ce regard global. On y note par exemple une difficulté particulière dans les
bureaux qui rassemble les populations les plus en souffrance sociale, souvent aussi les plus écartées de l’emploi, et donc à l’écart des luttes revendicatives par exemple. La droite est en tête
dans ces bureaux là aussi.
Pour le deuxième tour
Dans le cadre d’un « désistement républicain » R. Injey et R.Grac ont appelé à voter pour F.Grégoire-Concas contre « la casse sociale opérée par l’UMP ». Y.Guesnier appelant
lui à « faire barrage à la droite ».
Jean Paul Duparc
(1) Sans compter les ralliements de transfuges : ainsi de Pierre Laigle, avant-hier candidat socialiste dans le 6ème canton de Nice, et brièvement conseiller municipal après le décès de
JF.Knecht, hier en 3ème position sur la liste de P.Mottard, pour aujourd’hui terminer à faire campagne pour le duo Estrosi-Kandel.
(2) On constate d’ailleurs les mêmes errements de haines recuites issues des municipales, dans le positionnement du candidat de Peyrat, Chauvet qui lui va jusqu’à appeler à battre Kandel !
(3) Rappelons qu’aux dernières municipales lorsqu’il a du exister dans le département des listes à « la gauche de la gauche » en raison du refus du PS de réaliser l’union, c’est à Antibes, Vence, Cannes et Menton que de telles listes, notamment animés par des militants communistes, ont réalisé les meilleurs résultats.
Résultats :
Inscrits : 12315 ; Votants : 3649 ; Exprimés : 3536 B.Kandel (UMP) 1693 (47,88%) ; F.Grégoire-Concas (PS-MRC-PRG) 803 (22,71%) ; A.Chauvet ( ER) 224 (6,33%) ; R.Injey (PCF-PG) 215 (6,08%) ; P.Villardry (SE) 193 (5,46%) ; A.Maisonneuve (NRI) 174 (4,92%) ; S.Cheniti (GA) 163 (4,61%) ; Y.Guesnier (Alternatifs-NPA) 71 (2,01%)
Rappel en 2004 : Inscrits 11227 ; Votants 6194 ; Exprimés : 6005 Allemand (PS-PCF-Verts) 1916 ; Pigli (FN) 1776 ; Rivière (UMP) 1770 ; Rigolat ( divers écolo) Pisoni (Communistes06) 137 ; Giardana (LO) 107 ; Dutertry (PRG) 85 ; Joly (PT) 52.
Au deuxième tour, P.Allemand (PS) avait été réélu lors d’une triangulaire avec 2653 voix, contre 2415 à Rivière (UMP) et 1615 à Pigli (FN).
http://www.le-patriote.info/spip.php?article2787
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