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Politique - Article paru le 6 mai 2009 dans l'Humanité

 

Les inégalités du niveau de vie en hausse !

Niveau de vie . Forte croissance en haut de l’échelle, forte baisse en bas. selon l’INSEE la France comptait, en 2006, 8 millions de pauvres.





Les inégalités de niveaux de vie se creusent, la pauvreté s’accroît. Ce double constat s’impose à la lecture de la dernière enquête réalisée par l’INSEE sur les revenus et le patrimoine des ménages. Portant sur l’année 2006, elle ne prend donc pas en compte le choc entraîné par la crise économique et financière qui a éclaté depuis, et a, vraisemblablement, aggravé les tendances. Recouvrant les salaires, les retraites et les prestations sociales, et calculé après paiement des impôts directs, le niveau de vie médian (1) s’établissait, en 2006, à 1 470 euros mensuels. En progression de 1,3 % en moyenne, sur 2005. Cette évolution recèle de fortes disparités. Le niveau de vie s’est en effet accru d’au moins 10 % pour un tiers des personnes, mais il a reculé d’autant pour un autre tiers. Plus précisément, on trouve en haut du tableau les chefs d’entreprise et les professions libérales, avec un niveau de vie en croissance de 8,3 %, suivis par les cadres du secteur privé, tandis que les employés et les ouvriers non qualifiés du privé connaissent l’évolution la plus défavorable (moins 2,2 %).

Selon l’INSEE, la pauvreté monétaire (définie par un revenu disponible inférieur à 60 % du revenu médian, soit 880 euros par mois) frappe près de 8 millions de Français, soit 13,2 % de la population, un pourcentage en progression depuis 2002. Sans surprise, l’enquête indique que le taux de pauvreté est beaucoup plus fort chez les chômeurs (plus d’un tiers). Il atteint presque 10 % chez les retraités, soit 1,2 million de personnes. Et deux fois plus nombreux sont les enfants vivant dans un ménage pauvre : 2,4 millions, soit 30 % de la population totale en état de pauvreté. Autre trait marquant de cette photographie des inégalités, les familles monoparentales sont beaucoup plus sévèrement frappées que les autres : 30,3 %, soit 1,6 million de personnes, sont confrontées à la pauvreté, 2,3 fois plus que l’ensemble de la population.

L’enquête révèle aussi un « impact déterminant » des unions et des désunions sur les variations de niveau de vie. Celui-ci baisse ainsi de 31 % lorsque c’est une femme qui se retrouve seule à la tête du ménage, de 6 % lorsque c’est un homme. L’âge, enfin, est également un facteur discriminant : le niveau de vie monte en effet régulièrement jusqu’à cinquante-neuf ans, avant de redescendre.

L’enquête met enfin en relief un décalage entre la croissance du niveau de vie et celle du seul revenu salarial : entre 1996 et 2002, le premier a augmenté en moyenne de 12 %, le second de 6 %. L’évolution plus favorable du niveau de vie s’explique, d’une part, par « l’augmentation du nombre d’apporteurs de ressources » - conjoints et enfants de salariés contribuent plus souvent -, d’autre part, par la diminution de l’effectif des ménages. Phénomènes qui ont donc pu amortir quelque peu l’impact des politiques de « modération » salariales.

(1) 50 % de la population

se situe au-dessous, 50 %

au-dessus.

Yves Housson

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Tag(s) : #Société
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