Article paru dans La Marseillaise du lundi 27 avril 2009
les syndicats veulent faire du 1er mai « un nouveau temps fort de mobilisation pour peser sur le gouvernement et le patronat ». ARCHIVES BRUNO ISOLDA
Fête du travail. Cette journée emblématique de
revendications se veut historique, tant sur le plan de l’unité que sur la multiplication des rassemblements.
Dans la continuité des grandes manifestations du 29 janvier et du 19 mars, l’intersyndicale CGT, CFDT, CFTC, FSU, UNSA, CFE-CGC et Solidaires appelle à manifester le 1er mai
pour exiger « de vrais emplois, de meilleurs salaires, une protection sociale de haut niveau, des services publics de qualité, le droit à la santé pour tous et le retrait des
réformes ». Cinq points de rendez-vous sont fixés : 10h00 place de la Liberté à Toulon, 10h30 devant la sous-préfecture de Draguignan, 10h30 au square de Provence de
Saint-Raphaël, 10h00 place des Cars à Brignoles et 10h30 place Gabriel Péri à Salernes. Si au niveau national Force ouvrière est signataire de l’appel, l’union départementale en
a décidé autrement (lire par ailleurs). Malgré cela, l’unité syndicale a été préservée, ce qui confère à cette Fête du travail un caractère historique. Et, si le 1er mai tombe
cette année pendant les vacances scolaires -qui plus est, un long week-end-, les confédérations ne doutent pas que le rapport de forces s’exercera cette fois encore dans la
rue.
Préserver l’unité. « On a obtenu quelques avancées comme le fonds d’investissement social mais encore faut-il le mettre en œuvre. Et il y a encore beaucoup à faire sur les
revendications », commente Didier Serna, secrétaire de l’UD CFDT. « Le 29 janvier et 19 mars nous ont permis la création d’une commission paritaire sur les entreprises de la
céramique à Salernes. C’est important. Et nous avons multiplié les initiatives en avril pour élargir le mouvement », explique Sylvain Brossaud, secrétaire général de la CGT.
Pour lui, l’enjeu est de prendre appui sur le mouvement social pour permettre aux salariés de s’organiser – y compris en se syndiquant – afin d’ouvrir des négociations avec les
patrons. « Il faut continuer à travailler avec les salariés pour leur faire prendre conscience de leurs difficultés et continuer à se battre sur un front unitaire. La
participation au 1er mai devrait être importante si on prend en compte l’appel national et les actions dans certains secteurs comme à Caterpillar ou Continental », souligne pour
sa part le responsable varois de la FSU, Michel Fortuna. Selon un sondage pour le nouvelobs.com, trois Français sur quatre soutiennent le fait que les centrales syndicales
manifestent ensemble le 1er mai sur la base de revendications communes.
MARIELLE VALMALETTE
FO : La grève générale sinon rien !
Faut-il décréter le Grand Soir ? L’Union départementale FO pose désormais comme préalable au maintien de l’unité syndicale la question de la grève générale. Solidaire des
précédents appels à manifester, l’UD FO se démarque du national pour l’appel du 1er mai. Alors que le secrétaire général Jean-Claude Mailly soutient les manifestations
unitaires, FO du Var a décidé d’organiser un rassemblement devant son siège à Toulon (10h00) et de mener un débat sur les revendications. Pour le bureau départemental, seule une
« journée de grève interprofessionnelle franche à l’appel des organisations syndicales » peut obliger le gouvernement à plier, alors que la multiplication des journées d’action
« ne conduirait qu’à l’échec ». « Les grèves se multiplient, y compris avec des séquestrations de patrons. Les gars de Caterpillar, il faut les soutenir et pas qu’oralement.
Idem pour les dockers de La Seyne et les fonctionnaires. L’heure est à décider d’une grève générale, c’est ce que revendiquent la plupart de nos militants », souligne Gérard
Luiggi, membre du bureau. « On sent que la pression monte. Et pas que dans nos troupes. La grève générale va aussi se poser dans les autres confédérations, parce qu'il n'y a pas
que les adhérents de FO qui ont faim », poursuit Georges Pellicari, secrétaire départemental de FO. « Les gens ne vont pas accepter longtemps cette situation. On a tous les
ingrédients d’une explosion sociale », enchaîne Georges Pellicari, Et de citer en exemple la Guadeloupe qui est allée « jusqu’au bout des revendications ».
Si les autres organisations observent aussi un durcissement de ton, elles jugent en revanche que les journées d’action sont loin d’être inutiles. « On a construit un rapport de
forces qui doit servir à ouvrir les négociations dans les entreprises », observe Sylvain Brossaud, secrétaire départemental de la CGT. « On a obtenu quelques avancées, certes
insuffisantes. Mais pour la première fois, on a mis le gouvernement et le patronat en difficulté », poursuit-il. Quant à la grève générale, la CGT estime que « FO veut une grève
générale mais veut d’abord se compter pour le 1er mai ». Du côté de la FSU, Michel Fortuna pense que « mettre un préalable par la grève générale est une façon facile de se
sortir de l’unité syndicale ». « Il faut contraindre le gouvernement à prendre en compte nos revendications par les mobilisations qu’on fait », continue-t-il. Quant à Didier
Serna, secrétaire de l’UD CFDT, il affirme qu’« une grève générale ne se décrète pas ». « Faisons du 1er mai une manifestation réussie et restons dans l’unité », conclut-il.
M.V
http://journal-lamarseillaise.com/var/cinq-manifestations-pour-un-1er-mai.html
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