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International - Article paru le 17 avril 2009

 

Barack Obama dans le chaudron latino-américain !



Amériques . Le 5e sommet du continent s’ouvre à Trinité-et-Tobago. Le président des États-Unis y rencontre pour la première fois ses pairs de la région. Cuba alimente les débats.


Le 5e sommet des Amériques, où sont attendus 33 présidents du continent, s’ouvre aujourd’hui, à Port of Spain, dans la capitale de l’État anglophone de Trinité-et-Tobago transformée en bunker ultrasécurisé. Avant même la levée de rideau, l’événement est scruté à la loupe, le président des États-Unis, Barack Obama, rencontrant ses pairs latino-américains, pour la première fois depuis son élection. Une rencontre attendue dans une région où la première puissance mondiale enregistre depuis des années une perte d’influence politique et économique.


Les latinos toujours contre le blocus



Port of Spain ne devrait pas ressembler à Mar del Plata qui, en 2005, avait accueilli, le précédent sommet. À l’époque, le locataire de la Maison-Blanche, George W. Bush, était reparti bredouille d’Argentine, et sous les huées de près de 40 000 manifestants remontés contre ce fauteur de guerre, son projet de vaste zone de libre-échange des Amériques (ZLEA), sous le bras, après avoir été définitivement mis sur la touche par les principales économies latino-américaines.

L’actuel président n’a cessé d’annoncer un changement de stratégie de la nouvelle administration que les pays présents sur l’île ne demandent qu’à voir. Officiellement, les travaux du sommet visent à « assurer l’avenir des citoyens en encourageant le développement, la sécurité énergétique et l’environnement durable ». Un objectif, incantatoire comme le furent les autres bannières des précédents sommets, qui a de fortes chances d’être relégué au second plan. Depuis plusieurs semaines, le sort de Cuba, dont les autorités seront absentes, La Havane subissant toujours le veto de l’Organisation des États américains dont elle a été exclue en 1962, échauffe les esprits.

Pour désamorcer cette bombe à retardement, Barack Obama a ordonné, le 13 mars, que le Congrès allège une série de mesures restrictives à l’encontre de la Grande Île (la levée des restrictions sur les voyages des Cubains résidant aux États-Unis imposées en 2004 et celles limitant le montant des transferts financiers vers Cuba, voir notre édition du 15 avril). Mais cette annonce a été balancée hier par les déclarations de l’hôte du bureau Ovale, demandant « des signes de changement à Cuba ».

Cela ne devrait pas faire le compte auprès de chefs d’États, proches ou non de Cuba, qui estiment que l’ostracisme politique et le blocus sont un non-sens, comme ils l’ont rappelé en décembre 2008, lors du sommet de Sauipe où le Groupe de Rio (organisation des États américains et des Caraïbes) a intégré la Grande Île. Le président vénézuélien, Hugo Chavez, a d’ores etdéjà indiqué qu’il mettait « son veto avec d’autres pays » à la déclaration finale.


Le refus de payer
la crise


Le président des États-Unis débarque dans un continent en mutation où les mécanismes politiques, plus précisément géostratégiques (partenariat énergétique, médiatique), indépendants de la tutelle du « grand frère » américain, et certains en rupture avec le modèle néolibéral, ont essaimé sous l’influence des gouvernements de gauche et de centre gauche, aujourd’hui majoritaires dans l’hémisphère Sud.

Sur le plan économique, Barack Obama aura également fort à faire. Depuis l’explosion de la bulle financière, ses homologues latino-américains, singulièrement les présidents du Venezuela, de la Bolivie ou encore de l’Équateur qui se revendiquent du socialisme, ont déclaré, à plusieurs reprises, qu’ils refusaient de payer l’addition de la crise économique dont l’épicentre se trouve aux États-Unis.


Cathy Ceïbe

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Tag(s) : #Monde
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