Mort au G20 : la vidéo qui accable la police britannique !

Londres, correspondance particulière.
La colère et la polémique enflent en Grande-Bretagne après les révélations publiées hier par le quotidien The Guardian sur les circonstances du décès de Ian Tomlinson, mort à proximité d’une
des manifestations anti-G20, rassemblées au soir du mercredi 1er avril dans la City de Londres. La thèse initiale de la police et des autorités qui affirmait qu’il avait succombé à une crise
cardiaque ordinaire sans lien avec les charges des forces de l’ordre contre les manifestants, est en effet en train de s’évaporer. Une vidéo tournée sur les lieux et qu’un témoin a fait
parvenir au journal montre clairement un policier anti-émeute en train de frapper la victime.
Les affirmations de la police mises en cause
La vidéo dévoile que Tomlinson a été agressé par-derrière puis poussé brutalement par un agent alors que lui-même ne signalait pas la moindre velléité de vouloir en découdre, se trouvant là en
fait par hasard.
Le petit film des événements a été fourni par un homme d’affaires américain, présent sur les lieux. Il a déclaré qu’il avait voulu que la vérité soit connue sachant que les membres de la famille du défunt ne parvenaient pas à se faire communiquer de façon crédible les circonstances de la mort de leur proche.
Depuis le 1er avril, plusieurs témoins se sont déjà présentés démentant les affirmations de la police qui invoquait un simple accident cardiaque. Le film est clair. On y voit Ian Tomlinson tournant le dos à des policiers qui sont armés de matraques et accompagnés de chiens. Un des agents le frappe aux jambes, puis le pousse violemment. La victime tombe (d’autres témoignages affirment qu’il se serait alors cogné brutalement la tête contre le béton). Deux ou trois personnes viennent à son aide. Aterré et sonné, Ian Tomlinson semble se tourner vers ses assaillants pour protester. Les policiers ne répondent pas. Puis un groupe de personnes se précipite autour du vendeur de journaux. La vidéo se termine là.
C’est après s’être relevé que Ian Tomlinson aurait fait quelques pas avant d’aller, quelques minutes plus tard, s’effondrer dans une rue voisine. La suite est connue. Des médecins policiers ont essayé de le ranimer sans y parvenir…
Les images de la charge policière ont été aussitôt largement diffusées, obligeant les ministres et le chef de la police de Londres à promettre une enquête aproffondie. C’est l’Independent Police Complaints Commission (commission des plaintes indépendantes de la police) qui est chargée de la mener.
Ian Hamilton n’avait absolument rien à voir avec la manifestation, elle-même très largement paisible et même bon
enfant, avant l’intervention des forces de l’ordre… ou plutôt ici de désordre. Il rentrait en effet de son travail de vendeur de journaux et il semble qu’il ait été pris dans une
« souricière » (selon une technique d’intervention de la police anti-émeute qui consiste à prendre en étau les manifestants).
22 juillet 2005, un jeune brésilien tué « par erreur »
La tragédie se produit dans un contexte de politiques ultrasécuritaires renforcées durant les années Blair en Grande-Bretagne. La police de Londres avait déjà été à l’origine d’une bavure
tragique, le 22 juillet 2005. Deux semaines après les attentats islamistes qui avaient fait 52 morts, la police anti-émeute avait tué dans le métro un jeune Brésilien, pris par erreur pour l’un
des organisateurs des attentats. Jean-Charles de Menezes avait été abattu de sept balles dans la tête. Fin 2007, la police a été reconnue coupable pour… « manquement aux consignes de
sécurité ». Le tribunal s’est contenté de lui infliger une amende de 618 000 euros. Ni le chef de la police, ni les officiers qui ont donné des ordres, ni les policiers qui ont participé à
l’assassinat du jeune électricien n’ont jamais été poursuivis…
Qu’en sera-t-il de l’affaire Ian Tomlinson qui prend ici la dimension d’un nouveau scandale
national ?
Peter Avis
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