Sanofi : ex-PDG débarqué… grassement récompensé !

Sanofi-Aventis prépare l’assemblée générale de ses actionnaires en proposant d’attribuer des sommes astronomiques à l’ex et au nouveau PDG.
À l’heure où tant de salariés reçoivent une lettre de licenciement de leur entreprise, les actionnaires du groupe
numéro un de la pharmacie, Sanofi-Aventis, ont trouvé, eux, dans leur boîte aux lettres, une missive plutôt agréable : la convocation à leur assemblée générale annuelle, prévue le 17
avril.
Ce jour-là, ils seront invités à se prononcer, entre autres, sur l’affectation du « bénéfice distribuable » qui s’élève, au titre de 2008, à 8,5 milliards d’euros.
« Proposition » leur est faite de s’en partager 2,9 milliards d’euros, sur la base d’un dividende par action fixé à 2,20 euros, en hausse régulière au fil des années (2,07 euros en
2007, 1,75 euro en 2006, 1,52 euro en 2005). Soit un rythme sensiblement plus élevé que les salaires : la direction a royalement offert une revalorisation de 2 % pour cette
année.
Ce n’est pas tout. Les actionnaires auront aussi à approuver une série de « conventions » passées par la société avec ses dirigeants. L’une d’elles accorde à Gérard Le Fur, ancien
directeur général (DG), débarqué à l’automne dernier, le bénéfice d’un contrat de « conseiller scientifique », doté d’un salaire brut annuel de 600 000 euros. En outre, pour avoir
accepté de « faire bénéficier (la société) à titre exclusif de ses compétences », le même Le Fur est gratifié d’une « indemnité payable en dix échéances de 250 000 euros ».
Soit une prime de « non-concurrence » d’un montant total de 2,5 millions d’euros. Enfin, l’ex-DG, qui a été limogé en raison des mauvaises performances du groupe sous son règne,
reçoit, comme prévu dans son contrat, une indemnité de départ de 2,7 millions d’euros…
De quoi faire méditer, en particulier les 927 salariés (visiteurs médicaux) dont Sanofi a décidé de supprimer le
poste, à beaucoup moins de frais…
Une deuxième série de conventions à ratifier concerne le successeur de Le Fur, Chris Viehbacher. Lui, qui a commencé par recevoir une « prime de bienvenue » (dite « golden
hello ») de 2,2 millions d’euros, agrémentée de 65 000 actions gratuites et 200 000 stock-options, et qui perçoit une rémunération annuelle fixe de 1,2 million d’euros, augmentée d’une
part variable de 150 à 200 % du fixe, est assuré de pouvoir compter sur une « indemnité de fin de mandat » équivalente à « deux années de rémunération totale ». Sous
réserve de remplir deux des trois « critères de performance » suivants : hausse moyenne du bénéfice net de 15 %, hausse de la marge brute d’autofinancement de 18 %,
hausse du chiffre d’affaires égale à la moyenne des douze premiers labos mondiaux. S’ajoute à cela le bénéfice du régime de retraite supplémentaire, réservé aux cadres dirigeants, entièrement
financé par le groupe, avec, en guise de bienvenue, l’octroi de dix ans d’ancienneté d’emblée… Total, pour le (très) cher M. Viehbacher, une rémunération estimée entre 6,6 et 9 millions
d’euros la première année, selon les syndicats. Tout cela, précise Sanofi-Aventis, en « conformité » avec le « code éthique » du MEDEF. Mais pas du goût du porte-parole du
PCF, Olivier Dartigolles, qui épingle, dans un communiqué, « une déferlante obscène d’argent gaspillé devant un public écœuré. Qui finira bien par demander des
comptes ».
Yves Housson
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