La colère de Nicolas Sarkozy au G20 est-elle feinte ?
Par Guillemette Faure
Créé 04/01/2009 - 17:50
Pourquoi Nicolas Sarkozy est-il à ce point indigné par le prochain G20 ? C’est la question que se pose Philippe Antoine sur son excellent
blog [1] Obama in America en apprenant que des représentants français avaient déjà glissé à
la presse des « on ne sait jamais ce qu’il peut se passer » avant même que le président français parle de chaise vide.
A quoi correspond l’exaspération de Nicolas Sarkozy ? Il y a dix jours, François Fillon et Christine Lagarde, de passage aux Etats-Unis, se félicitaient de leurs relations chaleureuses
avec les Américains.
Que s'est-il donc passé depuis ?
Au dernier sommet organisé face à la crise économique et financière à Washington au mois de novembre, se souvient Philippe Antoine, les promesses d’inefficacité étaient bien pires : George Bush était encore président mais n’avait plus aucun pouvoir, tout était gelé aux Etats-Unis en attendant la prise de fonction de Barack Obama. Nicolas Sarkozy s’était pourtant félicité d’un « sommet historique » !
Pourquoi un « sommet historique » avec Bush et des menaces de chaise vide avec son « copain » Obama ?
Qu’est-ce qui peut donc justifier cette soudaine exaspération ? Un souci d’affirmer son existence quand les caméras sont dirigées vers la star Obama ? En tout cas sans grand succès, puisque les médias américains ont à peine prêté attention aux menaces de Nicolas Sarkozy.
Un blog du Wall Street Journal [2] présente le président français en « spoile » (trouble-fête), un autre du Financial Times [3] le décrit en « trouble maker » (fauteur de trouble).
Le blog du Wall Street Journal relève qu’alors que le ton est à l’unité, Nicolas Sarkozy et Angela Merkel préparent leur propre conférence de presse [4] pour leur presse nationale sur fond des drapeaux de leur pays.
Le Daily Telegraph croit tenir l'explication [5] de la mise en scène française :
« Alors que des patrons sont pris en otage par des employés en colère, M. Sarkozy veut montrer qu’il a l’intention d’être dur avec ceux qui sont perçus comme responsables de la crise économique. »
Photo : Nicolas Sarkozy mardi à Chatellerault (Jacques Brinon/Reuters)
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