
Depuis le 29 janvier dernier et une manif record dans les rues de Toulon et Draguignan, le
front syndical varois ne s'est pas désuni. Jeudi prochain, huit organisations (CFDT, CFTC, CFE-CGC, CGT, FO, FSU, Solidaires, UNSA), soutenues par les partis et mouvements de gauche, remettent
le couvert et appellent à une nouvelle journée de grève. Elles s'attendent même à mobiliser autant de monde, sinon plus, sur le thème de l'emploi, du pouvoir d'achat et de la relance par les
salaires.
30 000 personnes espérées
En un mois, en effet, les événements se sont accélérés : sommet social à l'Élysée jugé insuffisant par les syndicats, tsunami social contre la vie chère aux Antilles, multiplication des licenciements en métropole. En somme, « la crise se fait sentir de manière brutale. Notamment dans le Var, où les pouvoirs publics promettaient pourtant que nous serions relativement épargnés » rappelle Sylvain Brossaud, patron de la CGT. Or, selon les syndicats, les salariés ne sont pas placés au coeur des mesures prises par le gouvernement.
L'intersyndicale, reconduite à l'identique, promet donc de lancer le deuxième étage de la fusée sociale ce 19 mars et imagine même embarquer plus de 30 000 personnes dans son sillage. Rendez-vous est pris à 10 h 30, place de la Liberté à Toulon et devant la sous-préfecture à Draguignan. « Au-delà des salariés qu'on a l'habitude de retrouver, le ras-le-bol grandit, quelques signes laissent à penser qu'on se dirige vers une mobilisation plus forte encore » relèvent les responsables syndicaux.
Services publics, monde enseignant, hôpitaux, établissements de la Défense, collectivités territoriales, transports, retraités... L'ensemble du chaudron varois sera en ébullition ce jeudi, où les syndicats espèrent aussi verser une bonne dose de privé. Le cortège pourrait ainsi accueillir des salariés de la distribution, des transports et de PME inquiets pour leur avenir ou déjà fauchés par la baisse d'activité.
« Le 18 février, le gouvernement a consenti quelques avancées, mais qui sont insuffisantes » insiste
Philippe Gueit, pour la CFDT, « il n'a pas entendu qu'il lui faut changer de cap économique et social, sortir de l'idéologie, ne plus opposer la bataille de l'emploi à celle du pouvoir
d'achat ». Pour les syndicats, les 2,6 milliards d'euros débloqués par l'État en direction des salariés ne sont pas à la hauteur des besoins ; le plan de relance de 26 milliards reste
trop exclusivement dirigé vers les entreprises.
« le ras-le-bol des salariés »
Voilà pourquoi, le mouvement ne s'est pas essoufflé estiment-ils. Mieux, il aurait cristallisé. « Retraités, dockers, enseignants-chercheurs, étudiants...Entre le 29 janvier et le 19
mars, le mouvement ne s'est pas arrêté » assure Gérard Luiggi, responsable FO. Selon lui, « on est même en train d'insérer dans le pays la continuité de ce qui s'est passé
en Guadeloupe ».
Cette idée, souvent avancée par l'extrême gauche, ne trouve pas d'écho unanime parmi les syndicats. « Le seul dénominateur commun, c'est le ras-le-bol des salariés » estime la CFDT, qui ne souhaite pas comparer le mouvement social lancé en métropole et le conflit guadeloupéen.
De son côté, la CGT veut bien admettre quelques « points communs : le comportement du gouvernement face au mouvement social, un patronat qui annonce d'ores et déjà qu'il ne lâchera rien et l'impuissance du gouvernement face à cette position ».
En tout cas, les syndicats en sont presque persuadés : après la mobilisation de jeudi, le gouvernement sera forcé
de lâcher du lest.
Var-Matin
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