Deux journées de débat qui disent l’urgence des situations, en particulier dans les collèges (Photo ARCHIVES LA MARSEILLAISE)
Débat. Les enseignants du Snes réaffirment leur volonté d’unité
face à la politique de Sarkozy et réclament un plan ambitieux pour l’école.
Le congrès académique du Snes s’est achevé hier à Martigues, après deux jours de débat autour des
quatre thèmes* qui seront à nouveau discutés à l’occasion du congrès national de l’organisation qui se déroulera du 23 au 27 mars à Perpignan.
Des textes qui auront nourri les débats notamment avec les motions du courant Émancipation sur : le refus de liquider la formation professionnelle des
enseignants, la titularisation des précaires et la réforme des lycées.
Ce ne sont finalement que quelques modifications qui seront apportées aux textes du congrès. Un congrès est-il besoin de le rappeler placé sous la présidence
de Gilbert Tomasi, dont ce sera le dernier mandat en tant qu’actif.
« Il va nous falloir avoir une
position cohérente »
Des représentants du Snesup, la branche de l’enseignement supérieur de la FSU,
prendront les premiers la parole dans cette deuxième matinée de travail. « Il y a beaucoup à faire et à réfléchir sur la situation de crise. Si nous voulons être une force de
propositions et de contestation, il va nous falloir avoir une position cohérente. » C’est sans nul doute cette affirmation qui pourrait le mieux caractériser ce congrès, où l’on
a souligné l’aspect inédit du mouvement qui touche les universités et la nécessité de riposter dans un cadre unitaire.
La volonté de mener des réflexions communes et bien sûr des actions communes « pour assurer une dynamique de mobilisation ». Car ce qui ressort de cette
séance de travail c’est aussi l’urgence sociale de la situation. Un certain nombre de décisions sont sorties de cette plénière, notamment concernant la très contestée réforme du
lycée. Caroline Chevé a notamment mis en avant la loi d’orientation relative à l’expérimentation pour faire passer en catimini cette réforme. Le Snes a appelé à boycotter toutes
formes d’expérimentation. Alors qu’une consultation « discrète » est menée sur le sujet par l’administration, le Snes compte bien mener d’autres initiatives sur le
sujet.
Inquiétude pour les collèges du département
La situation faite aux collèges du département a nourri le plus d’inquiétudes. On
y a réaffirmé la nécessité d’obtenir une augmentation des moyens et de refuser de se centrer sur le socle commun. Des enseignants se sont inquiétés de l’éviction précoce des
élèves en difficulté. « La meilleure façon d’éviter la descolarisation c’est de renforcer la présence de Copsy. » Pour Michelle Potoudis, on assiste à la mise en place d’un
certain nombre de mesures qui visent à accélérer une approche individualisée en renvoyant l’élève à son propre échec. Une politique de l’évaluation qui commence dès le primaire
et se poursuit avec le tronc commun au lycée. Dans les collèges en moyenne 9 à 6% de l’enveloppe budgétaire est consacrée au paiement d’heures sup. Le Snes, qui a appelé au
boycott de ces heures, veut relancer la démocratisation comme le préconisait à la sortie de la seconde guerre mondiale le plan Langevin-Wallon.
Le syndicat a également réclamé des moyens pour la lutte contre l’échec scolaire, avec comme dans le primaire la mise en place de Rased. Un projet ambitieux,
parce qu’en temps de crise le meilleur des boucliers contre l’exclusion c’est encore une formation qualifiante.
CATHERINE WALGENWITZ
* Pour l’école un plan ambitieux, pour une politique publique, avec des personnels revalorisés, pour
des alternatives économiques et sociales et pour la rénovation du syndicalisme.
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