« Coup de poignard » au coeur de l’hôpital !

L’examen par les députés du projet de loi « hôpital, patients, santé, territoire » (HPST) touche à sa fin. Le vote final est prévu pour mardi. Tout au long du débat, l’ensemble des
représentants, syndicaux et professionnels, des acteurs de la santé ont exprimé une critique claire et nette de ce projet. Médecins et personnels des hôpitaux étaient nombreux dans les défilés
du 29 janvier, journée de mobilisation interprofessionnelle.
Et, en attendant de manifester à nouveau avec l’ensemble des salariés le 19 mars, ils battaient encore le pavé hier, réclamant le « retrait » du projet Bachelot . Mais les faits
sont là. Hormis quelques modifications à la marge, n’entamant en rien la philosophie d’un projet assimilable à une déclaration de guerre contre le service public, la ministre de la Santé et la
majorité UMP de l’Assemblée sont restées sourdes. Pire, ils l’ont même parfois aggravé, comme en témoigne l’amendement, voté sur proposition du Nouveau Centre, qui liquide le statut particulier
de l’Assistance publique-Hôpitaux de Paris. Avec ses 100 000 salariés, des millions d’actes médicaux par an, son investissement sans égal dans la recherche et la formation, il pouvait,
jusqu’alors négocier son budget directement avec le ministre de la Santé. Selon l’amendement, l’AP-HP est placée, comme n’importe quel autre hôpital, sous la tutelle de la future Agence
régionale de santé. Cela « dans le but avoué d’exercer une pression budgétaire accrue » sur ce potentiel de soins, de recherche et d’enseignement exceptionnel, comme l’ont dénoncé les
députés PCF et du Parti de gauche.
Car la protestation des hospitaliers n’est pourtant pas restée sans voix, ces dernières semaines, dans l’hémicycle.
Au nom des élus communistes et du PG, Jacqueline Fraysse a épinglé un projet, « véritable coup de poignard dans le coeur des établissements publics ». Gouvernance autoritaire, avec un
« directeur patron » et, « à tous les étages, un droit de veto de l’État », poursuite de la meurtrière « convergence tarifaire » entre hôpitaux et cliniques,
missions de service public confiées au privé lucratif… En visant « l’étatisation de notre système de soins et sa « vente à la découpe » au secteur privé, vous allez contre
l’intérêt général, contre l’égal accès de tous à des soins de qualité », a résumé, à la tribune, la députée PCF. Contre cette entreprise de démolition, la bataille, au Parlement (avec le
débat au Sénat), dans la rue (le 19 mars) et dans les hôpitaux n’est pas finie.
Y. H.
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