vendredi 6 mars 2009 / "le Patriote"

A l’aube du 8 mars, journée internationale de la femme, la question des restrictions budgétaires pour le planning familial est plus que jamais présente dans les esprits. Le mouvement ne faiblit pas malgré les revendications des salariés et bénévoles qui restent sans échos.
1, 5 millions d’euros. C’est le budget restreint en vigueur voté par le conseil conjugal et familial, pour cette association née en 1901. Le planning familial en chiffres, c’est 70 fédérations départementales présentes en France et dans les DOM, 1000 bénévoles, 420 salariés ; tous au service de 450 000 personnes. Autant dire que la maigre attribution budgétaire pour 2009, une pilule difficile à avaler. Brice Hortefeux, le ministre du travail, des relations sociales, de la solidarité et de la ville, a reconnu, le 4 février une « légère diminution » des crédits, pour raisons économiques, avec 2,1 millions au lieu des 2,5 million de l’année dernière. Une aide peu consistante. Un message trop confus. Le planning familial crie au « calcul hasardeux ». Brice Hortefeux assure des compensations des crédits de son ministère, pouvant allonger la note à 2,9 millions euros. Une rencontre le 19 février avec Brice Hortefeux, Nadine Morano et Valérie Létard, secrétaires d’État à la Famille et à la Solidarité s’avérera infructueuse. 2,1 millions d’euros est insuffisant, « le compte n’y est pas » martèle Marie-Pierre Martinet, secrétaire générale du MFPF. Cette récession provoquerait un véritable désastre dans le bon fonctionnement de ses services gratuits, financés par l’état. Elle engagerait des suppressions irrémédiables d’emplois jusqu’au risque de la disparition de cette association en 2010. Leurs missions s’articulent autours de l’écoute, la protection et l’éducation sexuelle. Des mesures ont été prises par les membres du planning. Une pétition circule depuis le 28 janvier, plus de 100 000 signatures ont été recensées dont celle de Martine Aubry qui s’est jointe au mouvement. Un appel qui a été entendu mais qui reste sans résultats. Le planning était déjà descendu dans les rues pour manifester sa colère le 27 janvier à Nice. Pour Marie-Louise Gourdon, adjointe au maire de Mouans-Sartoux et l’auteur du manifeste des menteuses, ces préventions sont plus qu’un besoin, se sont « des missions définies par la loi plus que primordiales ! » déclare-t-elle dans La Strada. Pour elle, cette guerre ne date pas d’hier.
Johanna Caruso
Un débat sur le « Planning familiale menacé » se tiendra après la projection du film Les bureaux de Dieu de Claire Simon au cinéma la Strada de Mouans-Sartoux, vendredi 6 mars à
20h.
Ce qu’il faut savoir…
La loi Neuwirth (votée en 1967 grâce aux combats d’associations de femmes) a non seulement permis la contraception mais aussi créé deux types de structures : les Etablissements
d’Information, de Consultation ou de Conseil Conjugal (EICCF) et les Centres de Planification et d’Education Familiale (CPEF) et a décidé (décrets d’application 1972) de les financer. Les EICF
dépendent toujours de l’Etat (conventions renouvelables tous les 5 ans) qui verse, actuellement, 8 euros de l’heure pour leur fonctionnement. En contre partie, ils doivent remplir les missions
suivantes :
accueil, information et orientation sur les questions de fécondité, de contraception, de
sexualité et prévention des IST dont le VIH
préparation des jeunes à la vie de couple et à la parentalité,
accompagnement des femmes avant et après l’IVG,
accueil des personnes victimes de violences sexuelles ou sexistes. 8 euros ce n’est pas assez
pour salarier quelqu’un et il faut, soit avoir suffisamment d’autres financements pour payer les conseillères conjugales, soit comme le MFPF 06 fonctionner depuis 1963 grâce au bénévolat… Le
calcul de cette « subvention » se fait par rapport aux activités réalisées l’année précédente. Par exemple pour le MFPF 06 cela concerne :
les permanences d’accueil à Nice et à Valbonne
les interventions auprès de jeunes ou d’adultes autour des questions de sexualité
les tenues de stands de prévention… soit pour 2008 environ 1300h et 2000 personnes, de tout
le département, concernées 8 euros ce n’est pas assez mais c’est trop pour le gouvernement actuel. Cet abandon d’une politique de prévention et d’éducation à la santé et à la sexualité
pénalisera en tout premier lieu les jeunes, les femmes et les plus démuni-e-s.
Le 19 février, Brice Hortefeux et Nadine Morano reçoivent les représentantes du MFPF. Suite à ce rendez vous le MFPF
a accueilli avec prudence les annonces du ministère sur les sommes allouées aux actions d’information. Le point positif toutefois est la proposition d’engagement de l’Etat sur trois
ans.
Catherine Gros
http://www.le-patriote.info/spip.php?article2690
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