Femmes-hommes : l’égalité à la traîne !
Droits . Un rapport du Conseil économique et social dénonce les fortes résistances à l’égalité entre les sexes dans le monde du travail, entre autres.
L’égalité entre femmes et hommes reste un combat. Dans la famille, au travail ou en politique, la discrimination poursuit son oeuvre. Malgré les avancées fondamentales arrachées par les femmes
depuis quarante ans, les inégalités plombent toujours notre société, révèle un rapport du Conseil économique, social et environnemental (CESE), présenté, hier, par Pierrette Crosemarie.
« Le travail n’est pas terminé », a lancé la rapporteure, syndicaliste CGT, qui redoute les effets de la crise pour les femmes. Que ce soit le travail partiel, développé dans les
années quatre-vingt-dix, et qui est aujourd’hui féminin (82 % de ces actifs sont des femmes), ou la décision du gouvernement Laval, en 1935, de licencier les épouses de fonctionnaires qui
occupaient un emploi public, l’histoire prouve que les femmes ont beaucoup à craindre des périodes de récession.
Un ministre de plein exercice
« La parité en politique, nous la voulons tout de suite. » La délégation aux droits des femmes et à l’égalité des chances entre hommes et femmes du CESE n’en peut plus. La bonne
volonté exaspère. Il faut mettre en place des « dispositifs contraignants » pour y parvenir rapidement et « l’État doit se montrer exemplaire » en n’écartant plus les femmes
des postes à responsabilités et en nommant de nouveau « un ministre de plein exercice qui soit chargé à titre exclusif des questions de parité et d’égalité
professionnelle ».
Côté bonne volonté qui n’aboutit à rien, le monde du travail n’est pas en reste. Le principe « à travail égal, salaire égal », réaffirmé dans quatre lois depuis 1972, reste lettre morte. Dans le privé, les femmes, à qualification égale, touchent un salaire inférieur de 19 % à celui des hommes. Dans la fonction publique hospitalière, l’écart est de 27 %. La plupart des accords signés dans les entreprises à ce propos sont « sans contenu ». « Une discrimination pure et simple », dénonce Pierrette Crosemarie. Le plafond de verre qui interdit aux femmes l’accès aux responsabilités n’est même pas fendillé : 8 % des dirigeants des grandes entreprises sont des femmes. Le CESE recommande de mettre en place des indicateurs et des objectifs chiffrés de réduction des écarts, et ambitionne aussi de transformer le « modèle » de performance dans l’entreprise en minimisant le critère « temps de présence ».
Remboursement de la contraception, places en crèche, éducation sexuelle à l’école, orientation scolaire sexuée très
sélective, formation tout au long de la vie… Bien des combats pour les femmes, « bons pour l’ensemble de la société », restent à mener.
Dany Stive
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