La Réunion : mobilisation solidaire contre la crise !
Le Collectif d’organisations syndicales, politiques et associatives de la Réunion (COSPAR) présentera lundi publiquement la plate-forme revendicative pour les manifestations du 5 mars.
Saint-Denis-de-la-Réunion, Correspondance particulière
Alors qu’en Guadeloupe, un accord se dessine, les discussions entre le COSPAR (Collectif d’organisations syndicales, politiques et associatives de la Réunion) et le patronat n’ont pas commencé
à la Réunion. Le collectif pose comme premières revendications la baisse de 20 % des produits de première consommation, la baisse de 5 euros du prix de la bouteille de gaz, le gel des
loyers et la hausse de 200 euros des minima sociaux et des bas salaires. Tous les regards se tournent vers les deux temps forts de la semaine prochaine. Lundi, avec la publication de la
plate-forme du COSPAR et jeudi, avec une journée d’action et un appel à la grève générale et la manifestation.
Les derniers chiffres du chômage, en hausse de 16,8 % sur un an à la Réunion, sont venus confirmer l’étendue de la crise. Plus de 10 000 Réunionnais ont été poussés vers le chômage en une année. L’arrêt ou la remise en cause de grands chantiers par des nouvelles équipes municipales, les incertitudes sur le volet logement de la future loi d’orientation économique (LODEOM), le refus par le préfet de permis de construire pour cause de réseaux d’assainissement pas aux normes européennes, l’impact du désengagement de l’État et le retard du chantier du tram-train : tout cela s’est combiné pour porter un rude coup au secteur du BTP, qui avait triplé ses effectifs en quelques années pour employer environ 25 000 travailleurs.
Mais ce manque d’emplois est avant tout un problème structurel. Le taux de chômage, inégalé depuis 1974, est
actuellement de plus de 24 %, c’est le record de toutes les régions de l’Union européenne. Depuis cette date, quatre présidents de la République et bien plus encore de gouvernements se
sont succédé à Paris et aucun n’a pris des mesures capables de changer cette situation dramatique. Malgré des taux de croissance annuelle supérieurs à 5 %, l’économie n’a pas été capable
de répondre à la demande d’emplois d’une population en constante augmentation. Ces chiffres soulignent l’impasse d’un modèle arrivé à ses limites. Cette urgence sociale et ce constat partagé
expliquent le constant élargissement du collectif, dans la perspective d’une journée d’action qui marquera sans doute l’histoire des luttes sociales à La Réunion.
Manuel Marchal
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